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23 Apr

Carcassonne (Autres faits et moyens) 1

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Clergé de l'Aude

■1524. — La ville de Carcassonne, qui étoit alors la plus forte du côté d'Espagne et frontière de ce royaume, se prépara pour n'être pas surprise. Ses bourgeois députèrent au Roy pour le supplier de leur accorder quelques pièces de grosse artillerie , ce qu'il fit, et donna ordre en même temps au comte de Lautrec , son lieutenant dans la province de Languedoc , convoyer dans cette ville quatre pièces de gros canon , avec de la poudre et autres armes, pour se défendre en cas d'attaque (P. Bouges : Histoire de Carcassonne. pag. 300. Archives de Carcassonne.).

•1528. — Extrait en 9 feuillets papier écrits et vn blanc , du vidimé des patentes et confirmation d'jcelles , données par Louis fils et frère de Roy, et les roys Louis et François , des années 1364 , 1471, 1514 et 1515 , contenant exemption en faueur des habitans de la Cité de Carcassonne , de toute sorte de leude , péage , gabele , barrage et deuoirs quelconques pour le transport de leurs marchandises et autres choses; ensemble de toutes tailles , aydes, charges et subuentions pourdeurs héritages quelque part du Royaume qu'ils soient assis; auec même exemption aux habitans des lieux de Salsignan, Vilanière, Les Illes , Fou mes , Limousis et la Riuière des Cabardès , situés dans la chastelainie des Tours , sénéchaussée de Carcassonne , en considération de la garde des quatre châteaux qui sont en la dite châtelainie. nommez les Tours de Cabarets , à laquelle ils sont tenus , et au port et charroy nécessaires pour la réparation desd. châteaux. Led. vidime fait en la cour du sén.'1 dud. Carcassonne, le 18 de décembre 1528; et led. extrait écrit en vieille lettre , sans signature (doat. Vol. CCLI fol. 619. au bas. Inuentaire des Archiues du Roy : Chasteau de la Cité de Carcassonne.).

1533. — François 1er se rendit de Castelnaudary à Carcassonne, où il fit son entrée le 8 d'Août 11 traversa toute la

ville basse jusqu'à la porte des Cordeliers; puis il s'arrêta au milieu du Pont, où il fut reçu par le Chapitre de la Cathédrale

et les consuls de la Cité 11 coucha dans la Cité, à la maison épiscopale (P. Bouges, ut suprà. pag. 301). — v. Cartulaire

de Carcassonne. T. VI. Carcassonne. Ville-basse : Chronique et Cartulaire.

1557 , Octobre. — La peste se découvrit dans la Cité et ne finit qu'au commencement du carême suivant. Dans cette occasion , il mourut 500 personnes dans la Cité ou dans les fauxbourgs ; ensuite elle se communiqua dans la Ville , vers le milieu du mois de mars (P. Bouges, ut suprà. pag. 309.).

1565 , Janvier. — Charles IX éloit parti de Narbonne , le 12 de Janvier, et arriva le lendemain à la Cité de Carcassonne , pour Taire le lendemain son entrée dans la ville ; mais il tomba cette nuit une neige si épaisse et en si grande quantité, jusqu'au

22 du même mois, que le Roi fut obligé de réster pendant tout ce tems dans la Cité Le beau temps étant revevenu , le Roi

sortit de-la Cité sur les 2 heures après midi et fit son entrée dans Carcassonne par la porte des Jacobins ( P. Bouges : ut suprà. p. 324. Archives de Carcassonne).— v. Cartulaire de Carcassonne. T. VI. Carcassonne. Ville-basse : Chronique et Cartulaire.

1569 , Novembre. — Les Etats de Languedoc , assemblés à Carcassonne , demandent au Roi la punition et la confiscation des biens du baron de Paulin (huguenot), actuellement prisonnier à la Cité de Carcassonne (Histoire générale de Languedoc. L. xxxix. 59.).

1575 : Tentative des Huguenots pour surprendre la Cité de Carcassonne. Les capitaines du Villa de la Val-de-Daigne et de Bugarach (huguenots), formèrent le dessein de surprendre la Cité de Carcassonne; ils choisirent des gens qu'ils firent couler insensiblement dans ses fauxbourgs, n'ayant pas pu les introduire dans la Cité; ils s'y rendirent eux mêmes la nuit du 21 novembre. Pendant les ténèbres de la nuit, ils appliquèrent des échelles contre le premier mur de la Cité et s'en rendirent les maltrès. Lorsqu'ils étoient prêts à descendre dans la fausse-braye, qu'on appelle aujourd'hui les Lices , une sentinelle, au bruit confus que faisoienl les ennemis, cria : Qui va là? un portier de la porte du second mur, qui par accident entendit la sentinelle, réponditdu même ton : Chalabre (c'est de ce nom qu'il s'appelloit). Les Huguenots prenant ce nom pour celui du baron de Chalabre, qui commandoit un régiment du duc de Joyeuse, s'arrêtèrent, tt se rappellant ce qu'un jeune garçon qui gardoit un haras leur avoit dit quelques heures auparavant, qu'il avoit vu entrer dans la Cité un grand nombre d'hommes â cheval portant des lances, qu'il appelloit de longs bâtons, ils crurent véritablement que ce baron étoit dans la Cité avec sa cavalerie; sur le champ l'épouvante les prit; ils coururent à leurs échelles , descendirent au plus vite et s'enfuirent. En mémoire de cet événement, il fut fait le lendemain, une procession autour du second mur de la Cité, pour rendre grâces à Dieu, qui dans cette occasion avoit conservé cette ville par les paroles d'un enfant; on promit encore de dire tous les jours un Ave Maria devant l'image de la Vierge qui est au milieu des deux tours de la porte (Narbonnaise?) , toute les fois qu'on l'ouvriroil ou qu'on la fermerait (P. Bouges, ut suprà. pag. 352.).

— • C'estoit la veille de la Présentation de Nostre-Dame; l'escalade se donnoit du costé appellé le Grand-Burlas, où étoit jadis l'une des harbacanes dont il a été parlé ailleurs— On dit que toute cette menée auoit esté faite par le valet d'vn chanoine , de

qui la maison aboutissoit à la muraille De là vient qu'aux guerres qui ont esté depuis il y a tousiours vn corps de garde...,

au pied de la tour qui est à main droicte en entrant. On auoit pour ce même sujet fait éleuer un autel à l'honneur de NostreDame , mais à cause de l'indécence du lieu, nos Euesques l'ont depuis fait abattre. Au reste, la procession se doit faire à l'entour des murailles de la ville; mais depuis que les conestables ou gouuerneurs nous tiennent fermé le passage du chasteau , il l'a faut faire dans l'enclos de la ville - (besse : Histoire des Antiquitez de Carcassonne. pag. 262.).

1583 , Septembre 19. — Lettre du roy Henri III, aux Procureurs de la Cité , pour les confirmer dans son obéissance et dans leur fidélité (besse : Histoire de Carcassonne. pag. 265.— P. Bouges : Histoire de Carcassonne pag. 370. Archives de la Cité de Carcasse.).

« A nos chers et bien aimez les Procureurs de notre ville et Cité de Carcassonne.

« Sçachant qu'aucuns pleins de mauuaise volonté à mon service, s'esforçoient de plus en plus, par diverses pratiques, à surprendre eues bonnes villes , pour troubler le repos de mes bons subiects , comme à mon grand regret, il y en auoit desià qui s'en ressentoient bien auaut, j'ay aduisé pour le bien de mon service , et alin qu'ils ne tombassent en pareil inconuénient, de les admonesler et leur commander d'auoir l'œil ouuert à la garde do ma ville et Cité de Carcassonne, voulant que s'ils aiment mon seruice et leur conseruation ils ne permettent l'entrée à quel qui soit qui puisse altérer leur repos , ou de qui ils eussent tant soit peu de soupçon , nommément le Duc de Montmorency , d'autant que nous sçavons qu'il trempe en cela contre son devoir et l'obligation qu'il a pour nostre seruice , sans que nous ayons jamais pensé de

lui en donner la moindre occasion. Quoi qu'il en soit, nous ne doutons pas que vous ne soyez déjà disposez à bien suivre notre intention en cet endroit, encore que ceux a qui nous avons n'a guères donné charge de vous le faire entendre s'en fussent mal acquittez. Nous nous asseurons au reste que vous ne manquerez jamais à la fidélité que vous et les habitans de vostre ville ont toujours rendue à nos Roys, en laquelle aussi nous les maintiendrons , avec tout le soulagement qui nous sera possible, pour n'avoir d'autre plus grand désir au monde que de soulager et conserver nos bons sujets en paix , et les garantir d'oppression. Nous voulons que dans les cas qui pourroient survenir pour notre service , vous vous retiriez au maréchal de Joyeuse, duquel vous connoissez de longtemps la probité , et lui obéissiez en tout ce qu'il vous commandera pour notre dit service et conservation de Carcassonne en notre obéissance; eu quoi nous nous confions quevous n'oublierez aucun devoir de votre accousturaéo fidé- le commandement de monsieur le maréchal de Joyeuse en lité. A Bourbon, le 19e de septembre 1583 ». (Et plus bas ce qu'il vous commandera de ma part ». de la main du Roi): € Ne faillez à ce dessus , et de suivre

1585 : Tentatives de surprise de la Cité par les Huguenots. — Les Calvinistes ayant manqué l'occasion de surprendre la Ville , jettèrent les yeux sur la Cité. Ils parurent le 22» de novembre devant cette place, et par les intrigues qu'ils avoient auec quelques habitans et surtout auec le nommé Desloges , ils se rendirent maîtres de la contre-braye; mais ils en furent chassez presqu'aussilôt par les mortes-payes. Le trailre Desloges fut rompu trois jours après et ses complices pendus. On fit à cette occasion une procession générale dans la Ville et dans la Cité, pour rendre grâces à Dieu de cette délivrance ( P. Bouges : Histoire de Carcassonne. pag. 375.).

1589 , Mars, May et Juin Autres tentatives de la Ligue. — Depuis ce temps , la mort des sieurs de Guyse ayant apporté de nouveaux troubles, le mareschal de Joyeuse fut chef de la saincte Ligue, en Languedoc, et pour ce que c'estoit contre le Roy qu'ils faisoient la guerre , on soupçonna que le Duc s'estoit exprès rendu en la Cité de Carcassonne , au mois de mars 1589, pour s'en saisir contre le seruice de Sa Maiesté; et de la vint que les habitans , après auoir demeuré toute vne nuict soubs les armes, le sortirent le lendemain de la ville , auec vn peu de violence , à la vérité. Au mois de may après, monsieur de Mirepoix seneschal, ayant faict sortir de la ville basse des principaux habitans, soubs prétexte de les dire de la Ligue, Lauelanet son fils, que les mortes-payes et habitans de la Cité auoient esleu pour leur capitaine et gouuerneur en Cité, en voulut autant faire en Cité; mais il fut bientost après puny du mesme supplice qu'il auoit destiné aux autres ; car au mois de iuin on luy ferma les portes, comme il se proinenoit au préau prez la fontaine , à la compagnie du sieur de Caudaual, auec qui il fut contraint de prendre aussitôt la fuite vers le fauxbourg appellé Triballes hautes. A suite de ce , Ioseph Chaudon , natif de la dite Cité , domestique du dit Lauelanet, faisant quelque refus de rendre le chasteau où son maistre tenoit lors sa demeure , on le somma à la fin auec le canon , et de la sorte il fut obligé de suiure sa fortune et sortit de la ville : ainsi ceux qui auoient esté chassez furent rappeliez • (besse : Histoire des Antiquitez de Carcassonne. pag. 266). — v. Bouges: Histoire de Carcassonne. pag. 383.).

1590 : La Cité de Carcassonne prend parti pour la Ligue (bouges : Histoire de Carcassonne. p. 389). — A la mort d'Henri III, La Cité de Carcassonne refusa de le reconnoitre et d'obéir à un roi hérétique. Le duc de Montmorency crut que sa présence réduiroit la Cité dans le même sentiment de la ville basse. Le Duc se rendit pour cet effet à Carcassonne, dans le mois de février , rt il y séjourna pendant quinze jours ; durant ce séjour, voyant que le lieutenant de la morte-paye , ni les consuls de la Cité n'étoient point venus lui parler , il leur manda de se rendre auprès de lui. Moreau , alors lieutenant de la Cité et tenant la place du gouverneur qu'on avoit chassé depuis quelques mois , assembla les consuls et les principaux des mortes-payes , et après leur avoir exposé l'honneur que le duc de Montmorency luy faisoit, il fut arrêté que ni Moreau, ni les consuls de la Cité ne paroilroient pas devant le duc de Montmorency , sur les avis qu'ils avoient reçus que ce duc vouloil les retenir prisonniers , mais qu'on y députerait six des principaux habitans pour lui remontrer qu'ils avoient juré de vivre et mourir pour soutenir la religion Catholique, Apostolique et Romaire , et de ne point obéir à un roi qui fut hérétique. Après cette réponse, il renvoya en la Cité les six députez et dit à ses amis qui se trouvèrent alors auprès de lui: ■ Nous avons le cheval, mais la bride est en haut • montrant de la main la Cité.

Alors la Cité , voyant que le maréchal de Joyeuse défendoit le parti de la Ligue contre Henri IV, encore hérétique , elle

lui députa pour le prier de vouloir prendre son parti, et répara dans cette occasion, l'affront qu'elle lui avoit fait quelque tems auparavant, en le chassant hors de ses murs... Le maréchal de Joyeuse, pour répondre à la confiance que les habitans de la Cité avoient en lui, transfera dans la Cité le siège du présidial de Limoux , à la place de celui que le duc de Montmorency en avoit ôté et fixé dans la ville basse de Canassonn?.... et nomma Ducup, maître des Requêtes de son hôtel. pour juge-mage régent, et obtint des Lettres du Parlement de Toulouse, portant que le présidial de Limoux continuerait l'exercice de la justice dans la Cité , et cassoit celui qui y avoit siégé auparavant.

Dans le même tems, le maréchal de Joyeuse convoqua les Etats de la Province à Lavaur , auxquels il n'y eut que les députez des villes qui suivoient la Ligue qui s'y rendirent : ceux de la Cité, qui s'étoit attachée à ce dernier parti s'y trouvèrent, mais la Ville refusa d'y envoyer •.

Même année : Guerre entre les deux villes (besse : Histoire des Antiquitez de Carcassonne. pag. 268). — • Cependant la guerre auoit commencé par quelques prisonniers de Cité , que le baron de Mirepoix fit au commencement du mois d'auril; et comme c'estoit cette maison qui en vouloit à nostre ville , à cause de la sortie (expulsion) de Lavelanet, ils poussairent ceux

de la ville basse à venir prendre, piller et brusler les fauxbourgs de Cité , comme ils firent dez le iour des Rameaux , qui es'toit le 14 auril, assistez tant du vicomte (de Mirepoix) que de ses autres frères : tout fut bruslé , fors la maison de saint Gimer , en la Barbecane, bien que toutes celles des enuirons fussent en cendres , ce qui fut pris pour un miracle. Un iournal que j'ay leu de tout ce qui se fit en cette guerre , remarque que sur les nouuelles que M. de Montmorency, qui estoit à Beziers, reçeut de ce bruslement, il dit: • Le Vicomte n'a point d'entendement, car c'est par là qu'il met M.r de Joyeuse dans la Cité ■. En quoy il ne se trompa pas , car bientost après il y fut reçeu auec grand applaudissement, par où l'on effaça en quelque façon l'injure qu'on luy auoit auparauant faite. Le s.' d'Honous ayant amené quelque secours de Limoux , on reprit, le 16auril, ce que les ennemis auoient gaigné, et le lendemain l'on leur fit leuer le siège de deuant l'église de l'Abbaye , où sont à présent les Capucins, et leur fit-on laisser le canon appellé Diocesante, dont on l'auoit en vain battue, auec perle d'hommes et de chevaux; et si d'Honous n'eut empesché la sortie que les habitans de la Cité vouloient faire , pour seconder ceux qu'ils avoient mis en garnison à l'Abbaye , les politiques n'eussent pas ramené le canon , de nuict, à la ville basse , comme ils firent. Ils se retranchèrent au bout du pont, du costé de la Cité , et prindrent à cet effet les maisons de Pelletier et logis de l'Escu-de-France , qu'ils auoient consentez de l'embrasement. De là , ils firent une barricade au milieu du pont, où est l'arc portail qui sert de borne et de séparation aux deux consulats, et demeurarent là enuiron vn an; mais un coup de canon qui fut tiré de la Cité leur ayant mis le feu aux poudres , il en falut désemparer... A la fin, le duc de Ioyeuse voit passer la ville basse soubs son obéys

sance; ce fut le 16 décembre 1591 Durant prèz de deux ans que cette funeste guerre tint ces deux villes en diuision, on ne

voyait que combats, que meurtres , sang et carnage.... Fasse le Ciel que iamais plus ces deux villes ne se puissent voir dans un pareil malheur •. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. VI. Ville Basse : Chronique et Cartulaire.

Même année, Mars. Etats de la Ligue, assemblés à Lavaur. « On reçut dans l'union, et sous l'obéissance du roi Henri IV, à présent régnant, les habitans de la Cité de Carcassonne (Histoire générale de Languedoc. L. XII. 54.).

1 b98 : Conteestation sur le rang entre les consuls de la Ville et ceux de la Cité; dispute sur la préséance; réglemens entre les consuls des deux villes (P. Bouges: Histoire de Carcassonne. pag. 416. Archives de Carcassonne). — La mort de dame Françoise , épouse de Philippe de Roux , juge-mage et président au présidial de Carcassonne, donna occasion à une contestation entre les consuls de la Cité, qu'on appelloit alors procureurs, et les consuls de Carcassonne. Les uns et les autres prétendoient le droit de préséance, dans le convoi de l'enterrement du corps de cette dame. Pierre Peletier, licencié et second consul de la Cité , prétendoit, en vertu de son grade , précéder les autres consuls de la Cité ses collègues , et marcher avec le 1er consul de la Ville. Cette préférence lui fut refusée ; mais pour ne pas troubler la cérémonie , les consuls de Careassonne lui offrirent de marcher avec le l«r consul, à condition néanmoins que le s.r Materon, 1»» consul de la Cité et docteur , lui voudrait céder son rang. Le s.r Materon , pour ne pas prolonger une cérémonie que cette contestation avoit suspendue , s'absenta et ne parut pas au convoi ; alors le s.' Pelletier marcha avec le 1er consul de la ville , en l'absence du s.' Materon. La droite lui fut donnée, en conséquence d'une ancienne transaction passée entre la Ville et la Cité, qui a statué que lorsque les consuls de la Cité se trouvent avec ceux de la Ville , ceux-ci ont la droite dans la Cité et les autres dans la Ville. Cet accord fut reçu par Georges Turles notaire.

1610 et 1633. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. VI. Présidial.

1611 , Mars 21. y. ci-après : Notes historiques et statistiques.

1612 , Juillet, à Pafis. — Lettres patentes du roi Louis XIII, données sur la requête des Procureurs de la police , magistrats municipaux et mortes-payes , seruans à la garnison , et autres manans et habitans de la Cité de Carcassonne; les dites Lettres portant confirmation des privilèges de la Cité de Carcassonne ( Besse: Histoire des Antiquilez de Carcassonne : pag. 243. texte). Registrées en la Chambre des Comptes le 29 janvier 1613 , et en Parlement le 30 d'avril suivant.

1622 , Juillet 14. Le roi Louis XIII visite la Cité de Carcassonne (Histoire générale de Languedoc. L. XLII. 66). — v. Cartulaire de Carcassonne. T. VI. Ville Basse: Chronique et Cartulaire.

1645 , Feurier i.Ordonnance de l'Intendant de Languedoc , concernant le privilège des habitans de la Cité , de l'excmptionjdu quartier d'hiver (besse : Histoire des Antiquilez de Carcassonne : pag. 246.).

« Françoh Bosquet , conseiller du Roy en ses conseils ne, demandeur en requeste, d'vne part; et le Scindic des d'Estat et priué , intendant de la justice , police et finances Mortes-payes et habitans de la Cité de Carcassonne, assignez en Languedoc. — Entre le Scindic du diocèse de Carcasson- et défendeurs d'autre.

Veu lad.lt Requeste, tendant à ce qu'il nous pleut ordonner que ledit scindic des mortes-pays , manans et habitans de Ja Cité de Carcassonne et autres lieux du dit diocèse , seront cottisez aux impositions des deuiers de la subsistance des troupes de S. M., nonobstant leurs prétendus priuiléges, et condamnez au payement des arrérages de la dite subsistance, depuis que l'imposition s'en faict : Nostre Ordonnance mise au bas de la dite requeste , portant que les parties seraient assignées deuaut nous aux Hns d'icelle , du 3 décembre dernier.—Exploit d'assignation donnée deuant nous aux consuls de la dite Cité , du 6 du dit mois. —Requeste présentée à M.r de Mâchant, par le dit scindic du Diocèze, tendante en retractement de son ordonnance donnée en faueur des consuls ^ Salsignan , portant qu'ils seroient rembourcez du logement d'vne compagnie de chevaux légers du s.' de Marais, sur les deniers proueuant de l'estape du dit diocèse , au bas de laquelle est ordonné que le dit scindic payera ce qui luy est ordonné, ainsi qu'il a fait à plusieurs autres commuuautez , et fera payer aux habitans du dit Salsignan ce qu'ils doivent raisonnablement pour l'estape et toutes autres charges du dit diocèse, horsmis pour les tailles dont ils sont exempts, du 9 juillet 1641.— Autre Requeste, présentée par le dit scindic au dit s.rde Machaut, tendante à ce que les consuls de Salsignan , de la Riuière et autres lieux priuilégiez soient tenus de payer au dit diocèse les estapes , quartier d'hyver et autres despences légitimement imposées, offrant de leur précompter ce qu'il a pieu au dit s.' de Machaut leur accorder pour leur rembourcement de la despence de la dite compagnie, au bas de laquelle est l'ordonnance du dit s.r de Machaut, par laquelle il est enjoint au dit scindic de faire exécuter le contenu en la dite ordonnance, du dit iour 9 iuillet, suiuant sa forme et teneur , à peine d'en respondre en sou propre et privé nom , du 15 octobre au dit an. — Lettres du Roi Philippe le Bel, au seneschal de Carcassonne , portant commission aux lins de maintenir les sergens de la garnisefn et habitans de la Cité de Carcassonne en leurs exemptions, contre lesquelles ils s'estoient plaints que les consuls du bourg de Carcassonne exigeoient d'eux aucunes impositions, au cas qu'il apparoisse de leurs priuiléges, du 20 novembre 1337.— Autres Lettres du Roy Philippe, addressées au dit seneschal, aux mesmes fins, du 2 auril 1337. — Lettres de lean éuesque de Beauuais, lieutenant du Roy ez parties du Languedoc, Guyenne et Xaintonge , addressées au seneschal de Carcassonne, pour maintenir, parties ouyes, les dits sergens et habitans de la preuoslé de Carcassonne en leurs immunitez, priuiléges et exemptions, contre les commissaires députez par le dit lieutenant, au faict de la leuée de quatre deniers pour liure; les dites Lettres données au camp de Saincte Basile le 29 septembre 1340. — Extraict de l'ordonnance de Pierre Statisse trésorier de France , vn des commissaires députez dans le Languedoc pour le rachat du Roy , par laquelle est ordonné aux esleus et receueurs de la Cité de Car

cassonne, de surseoir l'exécution des droicts imposez sur lei denrées, pour ce qui sera porté et consumé par la garnison et habitans de la dite ville, et dont ils estoient déclarez exempts par la déclaration donnée par le commissaire par luy subdélégué , iusques à ce qu'il en eut donné aduis au Roy et son conseil, du 17 juin 1368. — Lettres de Louis duc d'Anjou , Jieutenant-géuéral pour le Roy eu Languedec , adressées au dit seneschal et commissaires députez pour les impositions qui auoient esté faites sur les farines, vins, vendanges, chairs, poissons et autres denrées dans les séneschaussées de Tolose , Carcassonne et Beaucaire, par lesquelles il leur défend d'exiger les dits droicts et impositions des habitans de la dite Cité de Carcassonne , du 18 juillet 1378. — Autres Lettres de lean duc de Bourges, lieutenant-général pour le Roy en Languedoc, addressées aux receueurs, gabclleurs et leueurs des subsides et impositions, et au seneschal de Carcassonne, par lesquelles il leur deffend , suiuant les Lettres patentes du roy Charles , contenues en icelles , d'exiger aucune imposition des dits habitans de la Cité de Carcassoune , et de contreuenir à leurs priuiléges, du 25 iauuier 1385.— Vidimus du preuost de Paris, du 29 septembre 1399 , contenant les Lettres du roy Charles, addressées aux généraux conseillers, sur le faict des aydes ordonnez pour le Languedoc et duché de Guyenne , et aux esleus pour le dit faict ez Cité et diocèse de Carcassonne , et à maistre Pierre Cautelou , secrétaire du Roy, trésorier général des trois francs et quart pour feu , imposez au dit pays , par lesquelles il leur est mandé de maintenir les dits sergens et habitans de la Cité de Carcassonne en leurs priuiléges, exemptions et franchises dont ils ont tousiours joùy, mesme pour le rachat du roy lean , comme il est exposé es dites Lettres , et s'il leur appert de la dite exposition , encore qu'ils ayent payé deux cens francs par manière de don, pour le mariage de la fille du Roy atiec le roy d'Angleterre , du 29 aoust 1399. — Lettres patentes du roy Charles, addressées aux conseillers sur le faict des aydes pour Ja guerre en Languedoc, contenant que le payement faict, ou à faire par les sergens et habitans de la Cité de Carcassonne , pour la contribution de leur part et portion de la somme de quatre-vingts mil liures , imposée au pays de Languedoc, pour cause de mariage d'Isabel, fille du Roy, auec le roy d'Angleterre , ne porte à l'aduenir aucun préjudice aux priuiléges , immunitez et franchises des dits habitans, esquelles il leur est ordonné de les maintenir et ne souffrir qu'ils y soient troublez , du 12 août 1396. — Cayer des priuiléges acacordez par les Roys Charles VI, VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François I", Henry II, François II, Charles IX,, Henry III, Henry IV , et par le Roy heureusement régnant, contenant les concessions et confirmations de priuiléges, exemptions et franchises de toutes impositions , en faueur des habitans de la dite Cité de Carcassonne ; et plusieurs ordonnances des gouuerneurs de la prouince, trésoriers généraux de France , seneschal de Carcassonne, données en conséquence. — Extrait de la délibération des estats généraux de la Prouince, tenus en la ville du Saint-Esprit, en l'année 1610, par laquelle il est délibéré que les scindics généraux du pays assisteront les habitans de la dite Cité de Carcassonne, pour estre maintenus aux priuiléges à eux accordez par les Roys. — Extraict de l'ordonnance de MM. les commissaires députez par S. M. en l'assemblée des Etats de la prouince , tenus à Beziers au mois de nouembre dernier, par laquelle il est mandé aux commissaires , principal et ordinaire , pour faire l'Assiette au diocèse de Carcassonne, de faire asseoir et imposer l'année présente 1643 sur tous les contribuables aux tailles du dit diocèse , en la forme et manière accoustumée , la somme de soixante-neuf mille deux cens quatre vingt-dixsept liures, pour sa part et portion de la somme de seize cens quatre-vingt-vnze mille deux cens cinquante liures, imposée sur le général de la dite prouince , pour la subsistance des troupes du quartier d'hyuer prochain. — Nostre ordonnance, portant que les parties mettront leurs pièces, escrironl et produiront tout ce que bon leur semblera deuant nous , dans la huictaine, auec cependant deffeiices au dit scindic du Diocèse de rien faire ny innouer , à peine de nullité , du 24 ianuier

dernier. — Inuentaires et productions des parties; et tout considéré i

Nous auons ordonné que les parties se pouruoiront dans deux mois , deuers le Roy en son conseil, pour leur estre pourueu sur les fins de la dite Requeste : enjoignant cependant aux commissaires ordinaires et députez du dit diocèse de Carcassonne, de procéder incessamment à l'assiette et imposition de la dite somme de soixante-neuf mille deux cens quatre-vingt-dix-sept liures , pour la subsistance du quartier d'hyver, sur les lieux du dit diocèse contribuables aux tailles tant seulement, en la forme et manière accoustumée , sans rien innouer et suiuant la dite commission de MM. les Commissaires présidens pour le Roy aux Estais de la prouince , auec deffenses ausdits scindics et députez de troubler les dits habitans de la Cité de Carcassonne en la jouissance de leurs priuiléges et exemptions, iusques à ce que autrement par S. M. en son dit conseil eu aye esté ordonné. Mandons au premier huissier ou sergent requis, faire tous exploits nécessaires. Faict à Narbonne , le 4e iour du mois de fieurier 1643. Bosquet signé. » Et plus bas: c Par mon dit sieur, Verduron. D

Même année , Juillet 6.Lettres patentes du roy Louis XIV , données à la suite de l'ordonnance qui précède et portant confirmation du privilège du quartier d'hiver , en faveur des habitons de la Cité de Carcassonne et terroir de Cabardès. — Extraict des Registres du Conseil d'Estat (besse : Histoire des Antiquilez de Carcassonne: pag. 251.).

« Le Rot , s'estant faict représenter en son conseil, les déclarations et priuiléges accordez par les Roys ses prédécesseurs, à aucunes villes et lieux de la prouince do Languedoc, portant exemption de contribuer à aucunes tailles , aydes et subsides , et toutes autres impositions , tant à cause des gardes qu'elles sont obligées l'aire pour la conseruation des frontières que pour autres considérations ; au préjudice desquels priuiléges le scindic du diocèse de Carcassonne et autres de la dite prouince, ont voulu contraindre les habilans de la Cité de Carcassonne , terroir de Cabardez et autres lieux , de contribuer ausdites impositions, tant pour la subsistance des troupes pour le quartier d'hyuer , eslapes , que des sommes imposées pour l'extinction des deux sols pour liure et autres impositions: pour raison de quoy il y a diuers procès et instances au dit conseil, ce qui rendroit les dits priuiléges inutiles et infructueux ausdites villes , lesquelles les ayans à titre honnereux ne pourroient satisfaire ausdites conditions pour lesquelles il leur ont esté accordez. — A quoy Sa Majesté désirant pouruoir , faire jouir les dites villes et lieux de leurs priuiléges, et néautmoins retirer quelque secours d'icelles , pour pouuoir subuenir à la nécessité de ses affaires ; S. M., estant dans son conseil, en présence de la Reyne sa mère, régente, a ordonné et ordonne que les dites villes et lieux exempts et priuilégiez de la prouince de Languedoc, payeront ez mains du trésorier de l'espargue ou du porteur de ses quittances , les sommes ausquelles ils ont esté modérez et taxez,

suiuant Testât qui a esté arresté au Conseil ce iourd'hui, vn mois après le commandement qu'en sera faict à la personne d'vn des consuls des dits lieux; lesquelles sommes contenues au dit estât seront empruntées par les consuls des dites villes et communautez; et pour le rembourcement, sera par les dits consuls imposées et cottisées sur les dites communautez chacun en droit soy , en vertu du présent arrest, nonobstant toutes deffences à ce contraires , ausquelles S. M. a dérogé pour ce regard. Et moyennant le payement des dites sommes, S. M. a confirmé et confirmeles dites villes et lieux, en tous et chacuns les priuiléges et exemptions , veut et entend que jouissent pleinement et paisiblement d'iccux , sans qu'ils puissent estre troublez en aucune forme et manière que ce soit; et en ce faisant, a deschargé et descharge les dites villes et lieux de contribuer ausdites impositions du dit quartier d'hyuer, estapes et estinction du sol pour liure, tant pour le passé qu'à 1'aduenir; fait delfeuces au dit scindic du diocèse de Carcassone et autres, de les troubler, inquiéter, ny faire aucune poursuite de procez que pourroient auoir esté intentez pour raison de ce au dit Conseil ou ailleurs, lesquels demeureront pour non aduenus: et à faute de payer la dite taxe dans le mois , les dites villes et lieux seront contraints au payement des sommes à quoy elles ont et seront après cotisées pour la subsistance des troupes du quartier d'hyuer, estapes et subuention de deux sols pour liure. Mandons au s.' mareschal de Schomberg, lieutenant général et gouuerneur

pour le Roy eu la dite prouinee , et intendant de la iustire , estant, tenu à Paris, le 6" iour de juillet, J'an 1643. Signé: police et finance d'icelle, tenir la main à l'exécution du ihelipeaux >. présent arrest. Faict au conseil d'Estat du Roy, S. M. y

1652. — Lettre du roy Louis XIV aux Consuls de la Cité (feuille volante imprimée).

« A nos cliers et bien amés les consuls et habitaus de notre pour vous faire connoître la satisfaction quy nous demeure

de votre bonne conduite, et vous exorter de continuer à nous donner des marques de votre fidélité dans toutes les ocasions quy s'en présenteront, vous assurant que les seruioes que vous Dous rendres nous seront en particulière recommandation , et que nous en conseruerons la mémoire par les ellects de notre bienveillance quand il s'en ofrira sujet; car tel est notre plaisir. Donné à Blois , le 19 mars 1652 u.

ville hante et Citté de Carcassonne —Chers et bien amés.nous avons ci-devant reçu des preuves si particulières de votre afection à notre seruice, que nous n'avons pas douté que dans les ocurances présantes vous nous en rendisiés de nouveaux témoignages; et comme nous avons sçu ce que vous aves fait depuis peu pour le bien de notre dit seruice , et la résolution que vous aves prise de résister contre ceux quy troublent le repos de cet Etat, nous avons voulu vous faire celte letre

1656 , Décembre 20. — Lettres patentes du roi Louis XIV , par lesquelles le siège présidial est tranféré définitivement de la Cité en la ville basse de Carcassonne. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. VI. Présidial.

1691. — Procédures et sentences poursuivies au criminel par noble Sicard de Nigry , sieur de Villarzel, capitaine d'infanterie au régiment de Vaisseau-royal . pour raison de ce que le s.r Delmas , qu'il avoit chargé de la recrue et qui continuoit toujours d'enrôler des gens , aurait été battu et excédé en la Cité de Carcassonne ( Archives départementales de l'Aude.' Série B. 418. Liasses.).

1705 , Octobre 42.Arrest du Conseil d'Estat du Roy , qui casse l'arrest de la Cour des Aydes de Montpellier , du 30 juin 1705 , rendu entre le s.r Escapat et consorts, se prétendant créanciers de la Cité de Carcassonne , et les consuls de la dite Cité , et ordonne l'exécution des ordonnances rendues par MM. les Commissaires de la vérification des deptes, et par M. de Basville intendant de la province. — Extrait des Registres du Conseil d'Etat (Recueil des Arresls du Conseil d'Estat du Roy , de l'année 4705, pour la province de Languedoc. in-4°.— et Réglemens concernant les impositions , la vérification des dettes et l'œconomie des affaires des diocèses , villes et lieux de la province de Languedoc. Montpellier. v.e H. Pech. 1716. in-4°. pag. 209.).

1728 , Août. — Lettre patentes du roy (Louis XV), portant confirmation des privilèges de la Cité de Carcassonne. — v, ci-après: ad ann. 4779. pag. 586. 1731. — v. ci-après : Fauxboirgs De La Cité. La Trivalle.

1745 (circà). — Translation de la résidence épiscopale dans la ville basse de Carcassonne. — v. ci-après : Évêques de Carcastonne. Bezons.

1770 , Mars 26. — Arrest du Conseil d'Etat du Roi , qui réduit la perception des droits d'équivalent dans la Cité de Carcassonne et chàtclainie des Tours de Cabardès , comme représentatifs des dons gratuits , au tiers des dits droits à payer par les habitans (Recueil des Edits, Déclarations, etc. pour la province de Languedoc, année 4770- — Registres du Conseil d'Etat.).

c Vu par le Roi , étant en son conseil, les Requêtes présentées en icelui par les syndics, consuls, corps et communautés , habitans et mortes payes des Cité de C'arfassonne et chàtelainie des Tours Cabardès , tendantes à ce qu'il plut à S. M. ordonner qu'ils demeureroient maintenus et gardés dans la jouissance de leurs privilèges, franchises et exemptions de toutes impositions et subsides, tant ordinaires qu'extraordinaires , et notamment des droits d'équivalent , des dons gratuits , ou autres subventions quelconques. ..; les dites Requêtes signées d'Hermand, avocat, ensemble les pièces y jointes, desquelles U résulte, que les dits habitans des Cité de Carcassonne et chàtellainie des Tours

t. V.

Cabardès , ne jouissent des privilèges et immunités qui leur ont été accordés depuis pins de trois siècles qu'à titre d'indemnité et de solde , tant du service militaire et de garde bourgeoise qu'ils font et sont obligés de faire en temps de paix , que de l'entretien des portes , pont-Ievis , palissades , murailles, tours , fossés , chemins et approvisionnement des châteaux et corps de garde.... Oui le' rapport du s.r abbé Terray , conseiller ordinaire et au Conseil royal, contrôleur général des finances; S. M. étant En Son Conseil , ayant aucunement égard aux représentations contenues ausdites requêtes, a ordonné et ordonne que la levée et perception des droits d'équivalent, tels qu'ils ont été fixés par l'arrêt du

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Conseils du 25 juin 1768 , ne sera faite et établie dans les dits Cité et Chatelainie, que sur le pié du tiers des dits droits, à quoi S. M. a réduit et modéré, par grâce et sans tirer à conséquence , la part et contribution des dits Cité et Chàtellainie à l'abonnement des droits pour raison des dons gratuits des

1779, Murs. Lettres patentes du roi Louis XVI, portant confirmation des privilèges et exemptions de la Cité de Carcassonne (Mémoires de la Société îles Arts et des Sciences de Carcassonne. 1849. T. I. pag. 268.). Publié par M. Cros-Mayrevieille , sans indication de source.

villes , accordé par S. M. aux Etats de Languedoc Fait

au Conseil d'Etat ]du Roi, S M. y étant, tenu à Versailles , le 26mi* jour de mars 1770. Signé : Phelypeaux ». — v. Cartulaire de Carcassonne. T. III. pag. 44 : Las Tours De CabarDés.

a Louis , par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre , etc... Nos chers et bien aimés les Consuls de notre Cité de Carcassonne, lieutenans généraux de police, mortes-payes servants à la garnison, et autres liabitans de la dite Cité, nous ont fait représenter que pour le bien et utilité de la police , et pour la conservation de lad. ville, qui est une des plus importantes places de notre royaume, frontière de notre province de Languedoc , les Rois nos prédécesseurs leur ont accordé plusieurs beaux privilèges, prérogatives, prééminences, franchises , immuuitez et exemptions , qui leur ont été confirmés par nos prédécesseurs Rois, et notamment par le feu Roi notre très honoré seigneur et ayeul, par Lettres patentes du mois d'août 1728; desquels privilèges et exemptions ils ont paisiblement joui jusqu'à présent; et pour s'en assurer la jouissance et y être à l'avenir maintenus et conservés à perpétui!é , ils ont cru devoir recourir à nos Lettres de confirmation , qu'ils nous ont très humblement suppliés de leur accorder. A Cks Causks , voulant favorablement traiter les exposans.... et en considération des grandes charges auxquelles ils se sont exposez pour la garde de la place ; de l'avis de notre Conseil... nous avons approuve, confirmé et continué.

privilèges, concessions, etc.. à eux accordés...; voulons aussi que les procureurs de la police , officiers municipaux , mortes-payes, et autres habitans et lieutenans servant à lad. garnison et conservation de lad. place et Cité de Carcassonne, continuent de jouir et user paisiblement des honneurs , autorités et séances dont ils or.l de touttems et ancienneté bien et duement joui et usé en toutes les assemblées publiques , après les gouverneurs et magistrats présidiaux de lad. ville , comme ils ont fait jusqu'à présent..., pourvu toutefois que les dits privilèges... ne puissent préjudicier au droit public de notre province de Languedoc , et notamment à ce qui est ordonné pour lad. Cité de Carcassonne , par l'arrêt de notre Conseil du 26 mars 1770, sur le payement particulier des droits de l'équivalent. Donnons en mandement a nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre Cour de Parlement

à Toulouse sénéchal et connétable de Carcassonne ....

que ces présentes nos Lettres de confirmation ils ayeut à faire enregistrer , et de leur contenu jouir et user les exposans et leurs successeurs... car tel est uostre plaisir.... Donné à Versailles , au mois de mars de l'an de grâce 1779, et de notre rè^ne le huitième. Signé: Louis ».

continuons et confirmons aux exposants tous et chacuus les

1780. — Règlement fait par les gens des trois Etats du pays de Languedoc , assemblés par mandement du Roi en la ville de Montpellier , au mois de novembre 1780 , pour servir à l'exploitation de la ferme du droit d'équivalent (Recueil des Edils , Déclarations , etc., pour li province de Languedoc, pour l'année 1781 ). — Extrait.

• Art. LUI. — Tous les habitans des villes , lieux et cantons de la Province , môme les soldats invalides el Suisses qui font hôtellerie ou inanponnerie , seront sujets au droit d'équivalent, conformément aux présents articles , sans aucune exception et nonobstant toutes immunités et privilèges à ce contraires ; excepté la ville de Beaucaire , pendant la durée de la foire seulement, la Cité de Carcassonne et la chalellenie des Tours Cabardôs , qui ne paieront que le tiers des dits droits , suivant l'arrêt du Conseil , du 26 mars 1770

1781 , Mars 23. v. ci-après: SÉNÉcnVissée De Cvrcvsson.ne. Juge-prévôt.

1789 , Mars S. — Cahier des doléances , plaintes et remontrances de la communauté de la Cité de Carcassonne : extrait (Mémoires de la Société des Arts el des Sc'n mes de Carcassonne. T. I. 1849. pag. 270.). Publié par M. Cros-Mayrevieille , sans indication de source.

« L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le huitième jour du mois de mars , dix heures après midi , le Tiers-état de la oommunauté de la Cité ville haute de Carcassonne... Considérant,etc.. a unauiment reconnu et délibéré qu'il lui importe de s'adresser au Roi pour demander qu'il plaise à Sa Majesté... De prendre eu considération la Cité ville haute de Carcas

sonne, qui est une des plus belles antiquités de la Province , ouvrage des Goths qui eu faisaient leur forteresse; l'importance de sa position et de ses fortifications l'ont faite regarder de tout temps comme un des boulevards de la Gaule narbonnaise. Louis IX qui a honoré également le trône par ses vertus chrétiennes et ses qualités vraiment royales, connaissant

l'importance de la Cite , y fit réparer les anciennes fortificacations et y établit une compagnie de Mortes-payes sous le commandement du gouverneur et connétable: ce vertueux monarque, en considération de la valeur des habitans de la dite Cite , de leur fidélité envers leurs souverains et du service ordinaire des Mortes-payes, bourgeois et habitans, leur accorda des grands privilèges et l'immunité de la taille, péage, équivalent, ayde et de toutes impositions ordinaires et extraordinaires: tous les Rois , ses successeurs , ont confirmé les privilèges et franchises des habitans de la dite Cité , notamment notre souverain prince Louis XVI, par ses Lettres patentes datées à Versailles au mois de mars 1779. Si la Cité n'a pas sa première splendeur, o'est que les temps ont changé: la translation du sénéchal et du siège présidial qui fut faite à la ville basse en 1657, en vertu des Lettres patentes qui furent surprises pendant la minorité du roi Louis XIV, et dont l'instance est encore pendante au Conseil d'Elat du Roi, a commencé sa décadi'uce ; la construction du Bourg au-delà de la rivière , local qui n'avait été ainsi indiqué que pour la conservation de la dite Cité , a contribué à sa ruine. La translation du palais épiscopal, l'éloignemenl des grandes routes qui tendent tnules à isoler de plus eu plus la dite Cité et que l'on fait cependant contribuer à l'entretien et construction de ces objets; la destruction de deux maisons religieuses qui procureraient une consommation utile, et dont l'une servait si bien h l'éducation de la jeunesse; les coups portés aux immunités de la Cité , comme la perte du franc-salé , l'imposition des vingtièmes , celle de l'équivalent , la surtaxe de la capitalion et de l'industrie , l'émigration des habitans qui ont emporté ou aliéné leurs biens à des personnes non résidentes et non capitées , contribuent beaucoup à la chùte de la Cité; et si la translation du Chapi.re cathédral qu'on a en vue et qu'on sollicite avait lieu , la Cité serait entièrement perdue et occasionnerait la désertion de tous les habitans , la communauté ne possédant aucuns biens-fonds et n'ayant aucuns biens patrimoniaux , octrois ni subvention. L'existence du Chapitre à la Cité est d'autant plus nécessaire que la consommation de ses revenus donne à vivre à nombre de familles et leur facilite les moyens de payer leurs impositions; que le Chapitre d'autre part et les membres qui le composent, occupant nombre d'ouvriers en tout genre de travail, leur procurent leur subsistance et celle de leur famille. Les habitans de la Cité osent espérer que Sa Majesté , qui a confirmé comme les Rois ses prédécesseurs, tous les privilèges et immunités accordés ù la Cité de Carcassonne , voudra bien s'en rappeler les motifs et

les maintenir dans des exemptions qui ont une cause si honorable et si utile. Ces franchises et immunités dont jouissent les habitans de la dite Cité, sont tout à la fois une grâce . une indemnité et un dédommagement du service qu'ils font personnellement nuit et jour, pour la garde de la place et du châieau qui est dans l'enceinte de la dite Cité , et dans lequel sont souvent enfermés des prisonniers d'Etat détenus par ordre de Sa Majesté C'est une indemnité des charges considérables auxquelles la Cité de Carcassonne est assujettie par suite de garde bourgeoise dont elle est tenue: eu effet, c'est la communauté de la Cité qui fournit à l'entretien des portes, des corps de garde et à leurs approvisionnemens nécessaires; elle est chargée de l'entretien des deux rampes qui conduisent des faubourgs à la Cité , et il est imposé annuellement pour cet entretien la somme de 385 liv. La grande rampe qui sert de chemin aux voitures fut refaite à neuf en 1769 , par ordre de Sa Majesté . aux dépens de la Communauté , et lui coûta neuf mille livres ; le bois pour le chauffage des corps de garde, l'huile et chandelles se porte annuellement a la somme de 316 liv. Ces charges et bien d'autres qui se renouvellent tous les ans, jointes aux intérêts d'emprunt anciennement faits pour raison des rampes et entretien des objets ci-dessus ramenés, mettent la communauté dans le cas de faire chaque année , sur ses habitans , une imposition très considérable. Si les privilèges et les immuuités accordés à des corps et communautés sont perpétuels et irrévocables , à plus forte raison quand ils sont confirmés de règne en règne, et que le principe , la cause et la charge de l'immunité subsistent et se perpétuent sans cesse. Héritiers du zèle et de la fidélité de leurs pères ainsi que de leurs privilèges, la Cité en réclame la conservation ; c'est un bienfait que Sa Majesté s'est appropriée en le confirmant par ses Lettres patentes de 1779; les habitans de la Cité osent donc espérer que Sa Majesté ne permettra pas qu'on leur arrache un bien qui est la récompense ou plutôt l'indemnité de leurs travaux et de leurs dépenses; ils se trouveraient exposés tout à la fois à payer les mômes impôts que les communautés qui jouissent ries avantages qui sont inconnus aux habitans de la Cité et à supporter des charges auxquelles ces communautés ne sont assujetties

9° De demander un règlement général et uniforme sur l'exercice de la police , qui fixe les rangs et fonctions des officiers municipaux , la durée de leur exercice , l'étendue de leur juridiction, et qu'il autorise à juger sommairement et sans frais les contestations excédant les sommes qui pourront être arbitrées par la nation assemblée >.

1791. — Loi du 8-10 juillet : Carcassonne , place de guerre de 3œ<l classe.

1794 f'àO brumaire an n).— Destruction officielle par incinération , des Archives de la Cité de Carcassonne t'Archives <le l'flôtel-de- Ville de Carcassonne. original).—imprimé dans l'Archiviste, publié par ChampollionFigeac. année I8G4. pag. 532.

« Ce jourd'hui trentième brumaire , l'an deuxième de la midi, nous Jean-Marie Guilhen, maire, officiers municipaux, République française, une et indivisible, quatre heures après- procureur de la Commune , et notables composant le conseilde la commune de Carcassonne Ci lé. accompagnés da citoyen Charles Aussenac secrétaire-greffier de la Commune, du citoyen Maguelonne Naucadéry juge de paix du canton de Carcassonne; au milieu du bataillon de la garde nationale de la dite Cité, commandé par le citoyen Loubet, drapeaau flottaut, et de la Compagnie des invalides ou vétérans de la garnison de la dite Cité , commandée par le citoyen Giret, capitaine de la dite compagnie; nous sommes rendus sur la place de la Liberté , ci-devant de Belle-vue, où nous avons fait apporter tous les titres , privilèges , immunités accordés à la dite commune de la dite Cité par nos ci-devant Rois, ou pour mieux dire tyrans, despotes qui insultaient a l'égalité, ainsi que deux registres de Reconnaissances, consenties en 1781 par les habitans ou possesseurs de biens-fonds et maisons de la présente commune, au Ci-devant Roi le guillotiné; et étant parvenus dans cet ordre sur lu dite place de la Liberté, et après avoir fait trois fois le tour des papiers et du bois destiné à faire le feu de joie , le citoyen Guilhen maire , deux of

ficiers municipaux et le secrétaire-greffier y ont mis le feu aux quatre coins , au milieu des cris de Vive la République , une .indivisible, la liberté, l'égalité, périssent les tyrans. Le feu ayant duré pendant une heure, les citoyens qui s'y étaient rendus en foule, le conseil général de la Commune et tous les assistans, ont, pendant ce temps, avec la joie la plus vive, chanté l'hymne des Marseillais , la Carmagnole, et autres couplets patriotes. Le feu étant éteint, et les papiers, parchemins , registres, etc., entièrement consumés , nous nous sommes retirés dans le même ordre à la Maison commune , et après avoir, sur la porte, donné l'accolade fraternelle aux commandons du bataillon de la garde nationale et de la compagnie des vétérans , sommes entrés dans la salle publique de la dite maison commune, où nous avons dressé le présent procès-verbal, les jour et an susdits.

w Signés: A. Baux officier municipal; Guilhen maire , Rieux officier municipal ; J.n Giret ; Valent; Aussenac secrétaire-greffier. »

Les Archives militaires de la Cité de Carcassonne sont conservées aux. Archives du Génie, à la Citadelle de Perpignan.

1800 (an vm). — Arrêté des consuls de la République , qui réunit la municipalité de Carcassonne Cité , à la municipalité de Carcassonne ville-basse.

Cette réunion est motivée sur l'insuffisance des ressources de la Cité , peuplée presque exclusivement par des artisans et manouvriers.

180(> (26 brumaire an xin). — Décret impérial qui raye la Cité de Carcassonne de la liste des places de guerre.

1821 , i*r Août. — Ordonnance royale qui classe la Cité de Carcassonne parmi les places de la 2m* série.

1830, Juillet 8. — Décret qui raye la Cité de Carcassonne du tableau des places de guerre.

— , Août 31. — Décret qui rapporte le précédent, sur les réclamations du Conseil municipal de Carcassonne et de la Société des Arts et Sciences de la dite ville , motivées par l'intérêt historique et artistique que présentent les fortifications de la Cité de Carcassonne.

1839 , Septembre 1 1. — M. le duc d'Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe , visite la Cité de Carcassonne.

1855 et années suivantes. — Travaux de restauration et de consolidation des tours et remparts de la Cité , exécutés sous la direction du Comité des monuments historiques du Ministère de l'intérieur , par M. Viollet-LeJuc architecte du Gouvernement. — y. ci-après : Notes historiques et statistique sur la Cité de Carcassonne: Monuments.

Bibliographie De La Cité De Carcassonne.— v. ci-dessus : Comtes de Carcassonne. Bibliographie, p. 308.

Gesta Caroli Magni ad Carcassonam et Narbonam, etc.; lllustrata a Sebastiano Crampi. Florentice. 1823. in-8°. xxn et 155 pages. — Récit légendaire, v. Cartulaire de Carcassonne. T. II. pag. 458 : La Grasse - Abbaye.

Histoire des Antiquités et Comtes de Carcassonne; par G. Besse , citoien de Carcassonne. 1645. petit in-V>. — Cette histoire traite exclusivement de la Cité de Carcassonne.

Chronicon historievm Episcoporvm ac rervm memorabilivm Ecclesiœ Carcassonis; authore Gerardo De Vic , presbytero canonico (1667). in-fol. — Cette chronique traite exclusivement des Évêques de Carcassonne qui eurent leur siège et leur cathédrale dans la Cité de Carcassonne.

Annales de la Ville et Diocèse de Carcassonne; par P. Viguerie. 1805. in-4°. Tome I". — Le premier volume de ces

annales, le seul qui ait été imprimé , est consacré exclusivement, jusqu'à la page 262 , à l'histoire ecclésiastique et civile de la Cité de Carcassonne.

Histoire de Carcassonne , spécialement rapportée aux temps antiques de la Cité; par H. C. Guiliie , auteur des Histoires du Lauragais, et de Bordeaux. Bordeaux , imprimerie de Balarac jeune , rue des Trois-Conils. 8. 1838. in-8°. de 91 pages. — L'auteur , natif du Lauragais , s'est borné à l'analyse succincte des histoires locales publiées avant lui.

Histoire du Comté et de la Vicomlé de Carcassonne; par Cros-maïrevieille. 1846. in-8°. Tome Ier. seul publié. — Le titre de cet ouvrage indique qu'il traite exclusivement de l'histoire de la Cité de Carcassonne.

Cité de Carcassonne (Aude); par M. Viollet-ledbc , architecte du Gouvernement, inspecteur général des édifices diocésains. 1858. in 8°. 52 pages, avec gravures sur bois. — Cette brochure est un tirage à part du texte de l'article Fortifications de Carcassonne, dans le recueil intitulé : Archives de la Commission des Monuments historiques, in-fol. avec planches nombreuses , qui représentent diverses vue des tours et remparts de la Cité de Carcassonne et de l'Église cathédrale de SaintNazaire.

Guide à la Cité de Carcassonne; par P. Fo\m , professeur d'Histoire au Lycée impérial de Carcassonne. Carcassonne. L. Pomiés. 1 vol. in-16. trois cents quatre-vingts pages. — Le môme auteur avait publié précédemment: Essai sur la Cité de Carcassonne; Discours prononcé à la distribution des prix au Lycée de Carcassonne , le 8 août 1864 , signé: P. Foncin , professeur d'Histoire, in-8». dix-neuf pages.

 

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