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23 Apr

Comtes de Carcassonne (Vicomte de Trancavel) 1

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Clergé de l'Aude

COMTES DE CARCASSONNE. — 5">« Race (intitulés vicomtes):

Maison Trencavel

. Catalogue Généalogique Des Vicomtes De Carcassonxe , de la race des Trencavels.

Raymond Bernard, surnommé Trencavel (1), vicomte d'Alby et de Nismes , épousa Ermengarde, fille de Pierre Raymond comte de Carcassonne, et héritière de Roger III son frère , comte de Carcassonne et de Rasez, vicomte de Beziers et d'Agde , mort sans enfans. Raymond Bernard Trencavel mourut vers l'an 1074.

Fils: Bernard Aton IV. vicomte d'Alby, Nismes, Carcassonne, Rasez, Beziers et Agde. Il épousa, en 1083, Cécile de Provence , et mourut en 11S9.

Enfans: 1° Roger I, vicomte d'Alby, de Carcassonne et de

(1) Trencavel, surnom ou sobriquet donné a la maison des vicomtes d'Alby, de Nismes, etc. Origine et généalogie de cette maison [Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Tables. col. 698). — Casse noisette c Trencare avellanam >.

Rasez , mort sans enfans en 1150. 2° Raymond Trencavel I, vicomte de Beziers , succéda à son frère Roger I, dans les vicomtés d'Alby , Carcassonne et Rasez; il épousa: 1° Adélaïde , 2° Saure , et mourut en 1167.

Fils du 28 lit : /loger // , vicomte d'Alby , Beziers, Carcassonne et Rasez; il épousa, en 1171 , Adélaïde , fille de Raymond V, comte de Toulouse. Il mourut l'an 1194.

Fils : Raymond Roger Trencavel, vicomte d'Alby, Beziers , Carcassonne et Rasez, né l'an 118*. Il épousa Agnès de Montpellier. Il mourut en 1209.

Fils: Raymond Trencavel II, né en|1207; vécut jusqu'en 1263. En 1217, il avait cédé ses états au Roi de France. Il laissa deux fils, de Saurine son épouse : Roger et Raymond Roger, desquels, passé l'an 1269, on ne retrouve plus la trace dans l'histoire.

BERNARD ATON, premier vicomte de Carcassonne (1083 -il 50).

■ Après la mort de Raymond Bérenger II, les nobles {milites) des environs de Carcassonne ayant formé le siège de cette ville, Bernard Aton vicomte d'Alby, fils de Raymond Bernard Trencavel et d'Ermengarde, engagea les habitans à se donner à lui. Bientôt après, Bernard Aton et sa mère recouvrent tous les autres domaines que celle-ci avoit aliénés en faveur de Raymond Bérenger I«, comte de Barcelone. L'an 1096, Raymond Bérenger III, comte de Barcelone, redemande, mais en vain, à Bernard Aton , le comté de Carcassonne, suivant la promesse que ce dernier lui avoit faite de le lui rendre à sa majorité. L'an 1107, le comte de Barcelone pratique dans Carcassonne, des intelligences qui le rendent maître de la ville; elle est presqu'aussitôt reprise par Bernard Aton, dont le fils ainô , Roger, traite cruellement les principaux habilans , au mépris de la capitulation. L'an 1112 , le comte de Barcelone recommence la guerre pour le comté de Carcassonne; mais comme les deux compétiteurs étoient sur le point d'en venir aux mains, ils s'accommodent, le 12 juin de la même année, par un traité qui assure à Bernard Aton la possession du comté de Carcassoiie. L'an 1130, Bernard Aton meurt à Nîmes. 11 changea le titre de comte de Carcassonne en celui de vicomte, et ses successeurs l'imitèrent. Il étoit le 4e vicomte d'Alby et de Nîmes, de-son nom. Il possédoit, outre cela , les vicomtez de Beziers et d'Agde. De Cécile , son épouse , fille naturelle de Bertrand II, comte de Provence , il laissa trois fils et quatre filles. Par son testament, il institua Roger, l'aîné, vicomte de Carcassonne et d'Alby ; Raymond Trencavel, son 2m« fils, eut les vicomtez de Beziers et d'Agde : et Bernard Aton , le 3m«, la vicomté de Nismes. Le père , en faisant ce partage , substitua les trois fils l'un à l'autre, dans leurs domaines • ( Art de vérifier les Dates ).'

La mort de Bérenger II, comte de Barcelone , fut suivie de divers troubles qui s'élevèrent dans ses états, durant la minorité de son fils. Les chevaliers (milites) des environs de Carcassonne assiégèrent cette ville , dans le dessein de s'en emparer , peu de temps après la mort de ce prince. Ils incommodèrent tellement les habitans par le ravage qu'ils firent de leurs terres et par d'autres hostilité?., qu'enfin , ces derniers étoient sur le point de se rendre, lorsque le vicomte Bernard Aton résolut de profiter de celte occasion pour réunir cette ville ;'i son domaine. Il fit dire aux assiégez que s'ils vouloient le recevoir dans leur ville , il s'engageoit de les défendre contre tous leurs ennemis , avec promesse solennelle de rendre la ville et le comté de Carcassonne au jeune Raymond Bérenger III , dès qu'il seroit parvenu à l'âge de majorité et auroit été fait chevalier. Bernard Aton ayant été introduit dans Carcassonne à ces conditions, fit lever le siège et prit ensuite le gouvernement de la ville comme s'il en eut été le seul véritable maître. C'est ainsi que les Catalans rapportent la manière dont ce vicomte s'assura la possession de Carcassonne... Il est du moins certain que Bernard Aton et Ermengarde sa mère, s'assurèrent vers le même temps , nonseulement de cette ville et de son comté , mais encore du Rasez , du Lauraguais et des autres domaines que cette dernière avoit aliénez en faveur de Raymond Bérenger Ier, comte de Barcelone • (Histoire générale de Languedoc. L. xv. 18.).

An 1083. — Contract de mariage entre Cécile , fille de Bertrand comte de Provence , et Bernard Aton vicomte de Nismes , Beziers, etc. (Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve eexc. col. 316. original : Trésor des Chartes du Roi).

1084 (circà). Sermens de fidélité prêtés à Ermengarde vicomtesse de Carcassonne, et à Bernard Aton son fils, par divers seigneurs du comté de Carcassonne [Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve ccxcv. col. 309. Cartulaire de Foix.).

— « De ista hora in antea non decebrei ego Roger , ni en'Ugo filii qui fuimus Guilla, te Herraengars filiam Ramgars , ni te Bernardum tilium Hermengard , de ipsos castellos de Carcassona , neque de ipsas i'ortezas qtia hodie ibi sunt, etc. »

— « De ista hora in antea, ego Petnis filius de Rixendis non decebrei te Hermengard filiam Rangard , ni te Bernardum filium Hermengards, de ipso castello de Carcassona quod vocant Narbonez , neque de ipsas terras , etc. »

1085, May. — v. ci-après : Cathédrale Et Chapitre, texte.

1090. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. II. pag. 235 : La Grasse - Abbaye, texte. Même année. — v. ci-dessus : Leic. Église : Prieuré de Sainte-Foy de Lycairac. pag. 202.

1095. — Mort de Bérenger Raymond II comte de Barcelonne : Raymond Bérenger III son neveu et son pupille , alors âgé de 11 ans , lui succède dans sa portion du comté de Barcelone , et réunit en sa personne tous les domaines de sa maison, tant en deçà qu'en delà des Pyrénées ; mais il ne rentra pas de sitôt dans la possession des premiers , qui comprenoient les comtez de Carcassonne et du Rasez, dont le vicomte Bernard Aton demeura toujours le maître pendant sa minorité (Histoire générale de Languedoc. L. XV. 44,).

1095 (circà). On prétend que Roger II comte de Foix , résolu de faire valoir ses droits sur les comtez de Carcassonne et de Rasez , leva un grand nombre de troupes , et qu'il se saisit du comté de Carcassonne malgré Ermengarde et son fils Bernard Aton , qui de leur côté, lui opposèrent une armée (catel : Mémoires de l'Histoire de Languedoc, pag. 630.).

1095 : xi kal. Maij. — Accord entre Roger II comte de Foix et la vicomtesse Ermengarde, et Bernard Aton fils d'Ermengarde, par lequel Roger leur abandonne ses droits sur la ville de Carcassonne et ses dépendances; à la réserve des villages d'Arsens , Alairac , Preixan et Fonciano (Fonliès rive d'Aude), qu'il leur remet en engagement, pour un prix stipulé dans l'acte fHistoire générale de Languedoc. T. H. Preuve ceex. col. 336. Cartulaire de Foix). — v. Histoire générale de Languedoc. L. XI. 54.).

— « habetis per me Rogerium in piguore per quinque mille solidos Tolos-anos de moneta dozena, et propter o< tingeu

tos solidos Hugonencos de moneta octena. »

Même année : x kal. Maij. —- v. Histoire générale de Languedoc, ut supra, col. 337.).

Même année (circà). v. ut suprà. Preuve ceexu. col. 339. Cartulaire de Foix.

1097 : iv kal. Januarij. v. Cartulaire de Carcassonne. T. IV. pag. 78 : Cauxes- Abbaye.

Même année. — « C'est sans aucune preuve que quelques auteurs espagnols ont avancé que Raymond Bérenger III, comte de Barcelone , assiégea Carcassonne en 1097 et en chassa le vicomte Bernard Aton > (Histoire générale de Languedoc. L. xv. Xcxii). — v. Diaco .- Histoi ta de los Condes de Barcelona. L. II. cixxix. pag. 142. col. 2. — Ferreras : Histoire d'Espagne. Ami. 1097. no 11.

\ 101. — 1TM Croisade. Bernard Aton vicomte de Carcassonne , va rejoindre le comte de Toulouse en Palestine.

Même année : x kal. Julij. — Donation par Ermengarde vicomtesse de Reziers et de Carcassonne , et par Rernard Aton vicomte de Carcassonne , se disposant à faire le voyage du saint Sépulchre , à l'abbé de La Grasse, du village de Casilhag , dans le comté de Carcassonne. — v. ci-dessus : Casiliiac. pag. 155. texte.

Même année. — Ermengarde administra jusqu'à sa mort, tant ses propres domaines que ceux du feu vicomte Raymond Trencavel son mari, après même que Bernard Aton leur fils, eut atteint l'âge compétent pour les gouverner par lui-même. Comme nous n'avons plus rien d'Ermengarde après le mois de juin 1101 , il y a lieu de croire qu'elle décéda bientôt après. Il y avoit alors environ 25 ans qu'elle gouvernoit les domaines de sa maison depuis la mort du vicomte son mari. Bernard Aton son fils hérita d'elle les vicomtez de Beziers , Agde , Carcassonne et Rasez , et les unit avec les vicomtez d'Alby et de Nismes , qu'il te

/. v. 52

noit de la succession de son grand-pêre. Ce vicomte devint par là, le plus grand seigneur de la province, après le comte de Toulouse (Histoire générale de Languedoc. L. XV. 92). [i]

1107. — - La ville de Carcassonne se soumet au comte de Barcelone; le vicomte Bernard Aton la reprend (Histoir» générale de Languedoc. L. XVI. 10). — v. ci-après : ad ann. 1107 circà. pag. 251 et 252.

Nous avons remarqué ailleurs (ci-dessus : pag. 248), que le vicomte Bernard Aton avoit promis avec serment, à Raymond Bérenger III comte de Barcelone, de lui restituer la ville et le comté de Carcassonne , lorsque ce prince seroit parvenu à la majorité; Raymond Bérenger ayant atteint l'âge de 14 ans a la fin de l'année 1096, demanda alors cette restitution ; mais le vicomte ne fit aucun cas de sa demande. Le comte de Barcelone, qui n'étoit pas en état de se venger de ce refus, dissimula pendant quelques années; il pratiqua enfin une intelligence dans Carcassonne, dont la plupart des habitans qui lui étoient entièrement dévoués se soumirent à son obéissance et secouèrent le joug du Vicomte. Ce dernier se voyant chassé de cette ville, résolut de la reprendre : il implora la protection de Bertrand comte de Toulouse , son suzerain , à qui il renouvella l'hommage pour le comté de Carcassonne, et qui l'aida de toutes ses forces. Bernard Aton mit aussitôt le siège devant la place; et comme les assiégez n'a voient aucun secours ii attendre du comte de Barcelone, a cause que ce prince avoit a soutenir la guerre contre les Sarrasins, ils capitulèrent enfin et se rendirent au Vicomte, à condition qu'ils ne souffriraient aucun dommage, ni dans leurs personnes ni dans leurs biens ; ce que Bernard Aton leur promit par serment. En conséquence, les chevaliers, les bourgeois et les autres habitans de Carcassonne , jurèrent fidélité à ce vicomte; mais Roger son fils aîné, viola bientôt après ses promesses. Ce seigneur, âgé alors d'environ 18 à 20 ans , n'eut pas plutôt apris que la ville s'oloit soumise à son père, qu'il y accourut, fit emprisonner les principaux habitans , et après leur avoir fait arracher les yeux et le nez , et les avoir fait eunuques , il les chassa honteusement du pays. Ces malheureux se réfugièrent auprès du comte de Barcelone; mais ce prince, menacé dans ses états d'une prochaine invasion des Arabes , fut obligé de différer la vengeance de cet attentat. Ainsi, Bernard Aton demeura paisible possesseur des comtés de Carcassonne et de Rasez , dont il ne prit cependant toujours que le titre de vicomte ■ {Histoire générale de Languedoc. L. xvi. 40.).

— La Note Xlvi du T. II. édit. in-fol. de \'Histoire générale de Languedoc ( pag. 032 ) est intitulée : « Epoque de la prise de Carcas« sonne par Raymond Bérenger III, comte de Barcelone , sur le vicomte Bernard Aton , et de la reprise de cette ville par le dernier. > Après avoir discuté la question , les auteurs se résument en ces termes: « Nous concluons de tout ce que nous venons de dire , que Ray« niond Bérenger III prit Carcassonne sur Bernard Aton vers l'an 1107, que ce vicomte la reprit la même année ou du moins la suivante, « avec le secours du comte de Toulouse , qui partit en 1109 pour la Terre sainte; et qu'enfin , le comte de Barcelone ne se mit en état de * soumettre de nouveau cette ville qu'en 1112. et qu'il s'accorda sur ce sujet avec le vicomte Bernard Aton ».

— ■ Le pouvoir central représenté par la maison do Barcelone avait perdu de son prestige, sous la faible administration du tuteur de Raymond Bérenger 111. L'ombre d'autorité qu'exerçait le vicomte Arnald s'étant évanouie, les hommes libres se trouvèrent immédiatement en présence de la noblesse. Une milice bourgeoise s'organisa spontanément dans Carcassonne , et quand les seigneurs voulurent exiger le paiement de diverses tailles perçues jusqu'à ce moment, ils rencontrèrent une vive résistance: ils armèrent alors leurs vassaux et marchèrent sur Carcassonne. Cependant les forces étaient inégales; une puissante intervention pouvait seule sauver la Cité. Les bourgeois reportèrent leurs regards vers Barcelone; mais la distance qui les en séparait et la minorité de Raymond Bérenger III leur laissait peu d'espoir de voir arriver des secours de ce côté. Ils songèrent alors à Hermengarde, femme de Bernard Raymond Trencavel, laquelle résidait non loin du comté de Carcassonne , dont elle s'était attribuée la plus grande part à la mort de Roger son frère. Hcrmengarde avait un fils dans toute la vigueur de la jeunesse , et ce fils (Bernard Aton) brûlait du désir de faire la guerre et d'agrandir ses états. Il s'empressa d'agréer les ouvertures faites à sa mère , accepta l'administration du comté... et se prépara à repousser les soigneurs châtelains. Le clergé , dont la liberté était aussi sérieusement menacée que celle du peuple , réussit à amener au secours de Carcassonne une partie de la population des campagnes... En présence d'un tel déploiement de forces... les seigneurs châtelains n'osèrent pas même engager la lutte; ils reprirent le chemin de leurs châteaux , cl ce jour-là le peuple vainquit la féodalité.

■ L'inauguration d'une nouvelle dynastie féodale à Carcassonne fut le premier résultat de cette mémorable révolution. La race des Trencavels, dont l'élévation eut sur les bords de l'Aude une origine toute populaire , y remplaça celle de Roger le Vieux. Cette révolution était passée inapperçue jusqu'ici: son esprit et ses résultats ne faisaient point partie du domaine de l'histoire ( Cros-maïuevieille : Histoire du Comté de Carcassonne. pag. 239.).

[1] Bernard Aton est à la fois vicomte de Carcassonne , de Beziers, Agde, Aluy et Rasez; mais sauf des circonstances exceptionnelles , le Cartulaire de Carcassonne se borne à recueillir ou à noter les chartes qui concernent le comté de Carcassonne.

1076.

Sans date.Enquête faite du temps d'Alfonse roi des Aragonois (1170 circàj : Comment le Comté de Careassonne advint aux comtes de Barcelone; comment le vicomte Bernard Aton, s'en empara; et comment il lui reste par transaction, sous condition d'hommage fMarca Hispanica. Appendix. col. H51. Archives royales de Barcelone. — Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve VI. col. 12.— P. BouGes : Histoire de Careassonne. Preuve xix. png. Îi34. — D. Bouquet : Recueil des Historiens de France. XII. pag. 574. — Cros-mayrevieille : Histoire du Comté et de la Vicomtè de Careassonne. Doeumcns. Lvi. pag. 75.).

Cet acte , tiré des Archives de la couronne d'Aragon , collection des chartes de D. Alfonse dit le chaste , n° 730 , est une réponse adressée aux questions posées aux commissaires de l'Enquête, par Alfonse II roi d'Aragon , et I de Catalogne. Bien que vrai dans son ensemble , néanmoins dépourvu de titres authentiques et basé exclusivement sur des témoignages oraux, donnés de mémoire, cet acte dût contenir des inexactitudes.

in 1067 0 es' memoria qualiter civitas Carcassona, cum omni comitatu ei pertinente devenant venerabili comiti Barchinonae , videlicet Raymundo Berengarij vêtus, sicut audivimus a magnatibus curiae , in praesentia venerabilis comitis Barchinonae ac principis Aragonensium patris vestri, bouae mémorise. Quod ultimus cornes, ut credimus Gullelmus nuncupatus, venit ad prsefatum comitem Raymundum Berengarii vêtus , et vendidit ei Carcassonam cum universo comitatu eidem pertinente per francum alodium. Et ipse jam dictus Raimundus Berengarii vêtus postea tenuit praedictam civilateni et comitatum in proprium dominium et francum alodium in pace et quiete, omni tempore vitee suœ. Ad obitum autem suum dimisit Cathaloniam duobus tiliis suis per médium: majori vero , videlicet Raymundo Berengarii , qui dicitur « Cap de stopes » divisit Carcassonam cum omni comitatu per meiiorationem in suo testamento, sicut vos potestis videre in eodem testamento. Siquidem ipse Raymundus Berengarii qui dicebatur Cap de stopes, obtinuit in pace et in quiete jam 1082. dictam civitatem et comitatum omni tempore vitajsuie.iu suum dominium et proprium alodium. Ipso quippe interfeeto , filius ejus, scilicet avus vester Raymundus Berengarii, remansit in cunabulis in tali quidem aetate , quod in festo S. Martini natus fuerat, et in festo S. Nicolaï primo subsequeuti, pater ejus interfectus fuit. TJndo Cathalonia in tantum turbata fuit quod longum esset narrare: Carcassona vero a militibus circumstantibus impugnabatur. Homines enim oapiebant et reseorum auferrebant.et cum nullum habcrentdefensorem vis subsistere poterant. Tune accessit ad eosBernardus Ato vicecomes, et promisitse eorum esse tulorem, et defendere eos et res eorum de omnibus; et cum Raymundus Berengarii avus vester lierct milesjuravit se reddere ipsi jam dictam civitatem ettotum comitatum absque omni contradictione et pejoramento. Avo autem vestro milite facto , jam dictus vicecomes maluit esse perjurus quam reddere comitatum , si1096 cu< ei juraverat.Homines vero Carcassonae videntes tantam in

juriam et injustitiam , noluerunt diù suslinere , et communicalo consilio , reddiderunt se et civitatem domino suo avo vestro , sicut facere debuerunt. Quod Bernardus Aïo vicecomes indigne ferons, perreiit ad comitem Tolosanum et fecil ei liomiuium sub tali coridilione quod si tantum ei eonferret auxilium ut sœpe dictam civitatem posset recuperare , teneret pro eo civitatem et comitatum. Interea , quia avus ves.ter propter multas guerras Sarracenorum , non potuit plenarie sufficere ad defendendam Caroassonarn , homines ipsius civitatis composuerunt cum sœpe dicto vicecomitc, ut redderent ei civitatem. Ipse vero juravit eis, tactis sacro sanctis Evangcliis , quod pro hoc facto nullum malum inferret personis eorum , neque rébus eorum. Rogeriu.s autem major filius vicecomitis noluit tenere juramentum sui patris ; et festinans ad Carcassonam , multos eorum violenter cepil, qtios exoculavit, et ementulavit, et nares eorum amputavil, et a civitate turpiter ejecil. De quibus multi venerunl ad avum vestrum , ut provideret eis necessaria in vila sua , quod ulirjue fecit. Porrô avus vester hujusmodi injuriam et injustitiam indigne ferens, congregata immensa multitudino exercitus armatorum , perrexit expugnare et expellere Vicecomilem , a prasfalo comitatu. Vicecomes quoque pnoparavit se, cum ingenti exercitu , ad dimicandum cum eo. Multi autem ot magni viri religiosi haec audientes, accesserunt ad eos, et talem compositioncm inter eos fecerunt, ut sœpedictus vicecomes hominium faceret avo vestro comiti Barchinoncnsi.ct teneret comitatum, ac civitatem pro eo , clinique in guerns suis adjuvaret cum militibus , et sic semper faceret postérités Vicecomitis posteritati comitis Barchinonensis. Ha?c autem in curia venerabilis comitis patris vestri sic audivimus; sed quia nondum nati cramus quando baec facla sunt, utrùm vera sint nescimus. Consulimus autem vobis quatinus instrumenta quae ad causam Carcassona; pertinent perlegere laciatis: praeterea exquirere si quos majoris œtatis invenire poteritis qui bujus rci memores existant. »

1112.

Sans date (1107 circàj.Serment de fidélité des hommes de Careassonne à Baimond Bérenger III comte de Barcelone, fils de Mahaud (Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de Careassonne. T. I. pag. 227.).

Cette pièce, inédite , a été publiée par M. Cros-Mayrcvieille , sans date et sans indication précise de source.

« Ii.ec sunt translata , lideliter suniptaab oii^inalibus registris domini Régis , (1) quorum ténor, talis est:

c Juramus nos tui hommes de Carcassoua, tibi Raimundo Barchinonensi comiti , qui l'uisti liliuis Mahaltis , quod ab ista hora in antea lideles adjutores erimus tibi et lidcliis.tuis, per (idem reoiam , sine cngun, de corpore tuo et de membris tuis , et de omni honore quem hodie habcs vel in antea , Deo adjuvante, adquisieris , et de Carcassona et de Carcassez, et

(1) CVsl-à-dire dos Registres des rois d'Aragon , comtes de Barcelone . aux Archives royales de Barcelone ; comme les nombreuses pièces publiées dans Marca Hispunica , reproduites ou cataloguées ci-dessus , sous les dates de 1067 - 1068, etc. p. 212. etseq.

de Redas , et de Redes , et de omnibus eorura terminis, et de omnibus illorum forlitudinibus , que ibi hodie facte suut , et in antea ibi facte erunt; et erimus tibi lideles adjutores et defensores contra vicecomitem Bitlerensem, et uxorem ejus et filios, et contra cunctos homines et feminas qui tibi vel luis ipsum honorem, vel de ipsis honoribus aliquid tollere voluerint; et faciemus guerram illis cum vobis et sine vobis; et cum illis non habebimus pacem nec treguam, sine consilio tuo , ad tuum dampnum , sicut superiùs scriplum est. Si o tenrem et o atenrem tibi vel tuis , per directam fidem , sine ongan , per Deum et hase sancla ( Evangelia). »

(Suivent quatre pages couvertes des noms de signataires : environ 150 « homines de Carcassona »).

Sam date ( 1107 cirai j. — Sonnent de fidélité des nobles, bourgeois et habitans de Carcassonne , à Bernard Ato vicomte , à Cécile sa femme vicomtesse , et à leurs enfans (Histoire générale de Languedoc. T. H. édit. in-fol. Preuve Cccxlviii. col. 591. Trésor des chartes du Roi: Chasteau de Foix.).

nœ , per ingenium nostrum , neque per nostrnm , consilium : Et si fuerit liomo , vel homines , fœmina vel fœmiua?, qui vobis eam tollant, vel inde vos tollant , cum eo , vel cum eis , linern, ve! societalem non habuerimus, ad vestrum dampnum, et recti adjutores atque (idoles vobis erimus, vsquo quo eam recuperatain habealis. Etinsoquent istud sacramentum vobis tenebimus, omni vita nostra, recta fide, sine inganno. Sicut hoc scriptum est, sic totum vobis prasdictis tenebimus et attenderimus , recta fide , sine inganno , per Deum et haïe sancta ( Evangelia?) »

c Nos noti homines Carcassonao , milites , burgenses . et vniuersus alius pupulus ejus et suburbani, l'acimus fklelitatem rectam et firmam , tibi nostro seniori Bcrnardo Ato:iis vicecomiti, et uxori tuai Ceciliaa viceconiitissse , (eti filiis vestris sicut in liac cai ta scriptum est. Juramus itaque vobis quod do ista hora in antea non decipiemus vos de vita vestra, neque do membris vestris corporibus vestris pertinentibus , neque de civitate vestra Carcassona , neque de turi ibtis , neque de ipsis forcijs quae ibi hodie sunt et inantea faetae erunt. Non vobis eam tollemus , nec iude aliquid tollemus , neque nos , neque ullus homo , nut vlli homines , aut fœmi

\ 108. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. II. pag. 240 : Lv Grasse - Abbaye.

1 MO. — v. ibidem: pag. 211. ut suprà. texte.

1111 : vi» non. Mart. feria v». — Conventions faites entre Bernard Ato vicomte de Beziers et de Carcassonne, et Roger comte de Foix, par lesquelles led. Bernard Ato donne audit comte de Foix la succession éventuelle de tous les honneurs qu'il avoit dans les comtés de Tholose, de Carcassonne , de Rasez , et leurs confins , en cas qu'il décéderoit sans enfans légitimes , avec réciprocité (Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve cccLiv. col. 377. Trésor des Charles du Roi : Château de Foix.).

Sans data (1H2 circàj. — Acte de l'Homage rendu par Olivers , fils de Garsen , à Bernard Aton , fils d'Ermengard , du château de Carcassonne , qu'on appelle Narbonès {Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve Ccclxh. col. <~*7. Cartulaire de Foix : Trésor des Chartes du Roi.).

— c De ista hora in antea non decebra Oliuers filz Garsen , Bernard At. fil Ermengard , del castel de Carcassona quem vocant Narbonès, ne de las forças quoe hodie ibi sunt, aut in antea ibi erunt factas ; non tolra , etc. »

Suivent d'autres llomages pareils, ({avoir: nolamcnl de Gilbert de Laurac, pour le château de Laurac: de Pierre Roger , 01s de Delisen, pour le château de MircpoU; d'Udalgcr de I'oncian , fils de Gila , pour le même château de Mirepoii, etc.

Le comte de Barcelone déclare la guerre au vicomte Bernard Alon , au sujet des comtez de Carcassonne et de Rasez ; il se ligue avec le vicomte de Narbonne son frère utérin. — Le vicomte Bernard Aton se ligue avec le roi d'Aragon. — Paix entre le comte de Barcelone et le vicomte Bernard Aton. Le premier laisse l'autre paisible possesseur des comtez de Carcassonne et de Rasez (Histoire générale de Languedoc. L. XVI. 35. 3C. 37.).

— ■ Raymond Bérengcr III, se qualifiant marquis de Barcelone , avoit des prétentions sur les comtez de Carcassonne et de Rasez , et sur le pays de Lauraguais , possédés par le vicomte Bernard Aton, auquel il déclara la guerre. Dans cette vue, il assembla une armée considérable , au printemps de l'an lllî, après s'êlre assuré du secours de divers princes voisins Le vicomte Bernard Aton , informé des préparatifs que le comte de Barcelone faisoit contre lui, se mit de son côté en état de défense... Il implora la protection d'Alfonse I roi d'Aragon... Le comte de Barcelone passa les Pyrénées vers le mois de mai de l'an 1112, et s'avança vers Carcassonne , où le vicomte Bernard Aton l'allendoit. Les deux aimées étoient en présence et prêtes à combattre , lorsque Richard archevêque de Narbonne , allié des deux princes , et plusieurs seigneurs des deux camps , s'entremirent et les firent convenir d'un accord. Les articles furent signez le 8 de juin de l'an 1112... En conséquence , le comte de Barcelone , par un acte du lendemain 9 de juin, abandonna entièrement au vicomte de Carcassonne , le Carcassez et le Rasez, et lui promit par serment, de le laisser paisible possesseur de tous ses domaines

1112 : vi et vu jd. Junii. — Accord passé entre Raymond Bérenger comte de Barcelone , et Bernard Atonis vicomte de Besiers, du consentement de Cécile vicomtesse, par l'entremise de Ricard archeuesque de Narbonne, d'Ato son nepveu, de Guillaume Raymond maistre d'hostel du comte, de Raymond Rainardi de Roclia , de Guillaume son frère , de Bernard Bertrandi de Ameliano (Milhau) , de Raymond Udalardi de Ponciano , de Pons Deodat de Tholosa , de Bernard Amat de Montesereno (MonseretJ , de Bernard de Canet, de Pierre Raynard de Besiers , et de plusieurs autres , sur leurs différons touchant Carcassonne et Redes , et les honneurs en dépendans; par lequel accord il est porté que ledit vicomte donne per alodem, au dit comte, douze châteaux, sçauoir : Boxazonem ( Boissesson ), Roqua Cezieires , Ambilet, Curvallem ( Roquecourbe?), Castlar , Pezenas , Castellum novum, Mesoa , le château de St-Pons (de Manchiens), Poietum, Mercoyrol et Calvisson; lesquels châteaux ledit comte luy rend per fevum, à condition que ledit vicomte lui en fairoit homage, que le seigneur de Tholoze donneroit Carcassonne avec ses appartenances audit comte , et le roy d'Aragon Redez avec ses appartenances au mesme comte , lequel les rendroit audit vicomte , moyennant quinze mile « inter solidos et solidutas mclgoricnses »; avec , l'Acte par lequel ledit Raymond Bérenger comte de Barcelone donne audit Bernard Atonis vicomte de Besiers, Carcassonne et Reddes avec leurs appartenances (D. Martenne: Thésaurus amcdolorum. T. I. pag. 534. — Histoire générale de Languedoc, édit. in-fol. T. II. Preuve Ccclviii. col. 382. Thrésor des Chartes du Roy : Cité de Carcassonne. et Cartulaire du château de Foix.).

« In uomine Domini. Hx'c est caria de placito quod fuit alodem , per tnlcm convenientium , quod quando ego vel tu ,

inter Raymundum Berengarii Barchinonensem comitem , et invenerimus cum domino de Tolosa, quod donet tibi Carcas

inter Beruardum Atonis Biterrenscm viceeomitem. Conque- sonam , cum hononbusad Carcassonam pertinentibus , quod

rebalur supradictus cornes de Bernardo Atonis praescripto tu illam mihi dones, et ego accipiam illam per tuam nianum,

vicecomitc , de Carcassona et de honoribus ad Carcassonam et recuperem similiter per alodem medietatem de supradictis

pertinentibus, et de Redas et de honoribus ad Redas perti- xn castellis. Propter supradictum placitum et convenientias ,

nentibus. Ad hoc igilur Bernardus vicecomes dixit, se inde ego Bernardus Atonis donavi tibi Raymundo comiti quinde

facturum rectum. Ex utraque parte vero convenerunt ad hoc cimi milba inter solidos et solidatas melgorienses, et dono

Ricardus Narbouensis archiepisoopus et Ato ejus uepos, et tibi xn supra dicta castella , per supra dictas convenientias.

Guillelmus Raymundi comitis dapifer , et Raymundus Ber- Facta fuit hase carta vi jdus junii, Dominicaj incartiationis

nardi de Rocha, et frater ejus Guillelmus, et Bernardus Ber- anno Dominici D'cxh , régnante rege Ludovico , in praesentia

trandi de Ameliano. Et ex alia parte , Raymundus Udalardi supradictorum virorum (eti Guillelmi Raimuudi de Redorta,

de Pouciano , et Pontius Deodati de Tolosa , et Bernurdus Berengarii Bernardi de Sobirah et aliorum multorum. Ste

Amatus de Montesereno, et Bertrandus de Canned, et Petrus phanus Sicfredi scripsit. »

Rainardi de Biterris; et alii multi inter utrosque pacem simul « Ego Raymundus Barchinonensis cornes dono ad fevum

et fînem inquirentes : Et eoncordaverunt quod fuisset homo tibi Bernardo Atoni Biterreusi vicecomiti, Boxazonem , Ro

comitis Bernardus Atonis, et daret illi xn castella per alodem; cham Cederiam , clc.'f ut suprà ), ...quod reddas illos mihi

scilicet Boxazonem , Rocham Cederiam , Ambiletum , Cur- quando ego tibi requiram , per me , aut per meum missum,

vallem , Castlar, Pedenas, Castellum novum, Mesoam, cas- ut servias illos mihi. Ego Raymundus Berengarii Barchino

tellum S. Pontii, Poïetam , Mercoirol et Calvioionem , et nensis cornes , absolvo et guirpisco tibi Bernardo Atonis Bi

quod cornes Raimundus redderct ipsa xn castella per fevum terrensi vicecomiti, Carcassonam cum honoribus sibi perti

ad BernarJum viceeomitem , et ipse Bernardus fuisset inde nentibus , et Redas cum honoribus sibi pertinentibus , salvis

suus homo , et juraret illi fidelitalem. » convenientiis inter me et te factis. Facta fuit haec guirpitio

« Ego Bernardus Atonis Biierrensis vicecomes dono tibi v jdus junii, anno Domini Mcxii , régnante rege Ludovico ,

Raymundo Barchinonensi comiti xn supra dicta castra per et in prœsentia Richardi Narbonensis archiepiscopi, Atonisde Colvatis , Pétri Siguerii de Biterris , Pétri Rainardi. elaliorum multorum quorum nomina non sunt scripta. Stephanus Sicfredi scripsil liane cartam. »

suinepotis, Guillelmi Raymundi comitis dapiferi, Raymundi Bernardi de Rocha et fratris ejus Guillelmi, Bernardi de Caneto , Bernardi Bertrandi de Amiliano , Raymundi Udalardi, Pontii Deodati, Bernardi Amati de Montesereno , Guillelmi

4115 , May 2. — v. ci-après : Carcassonne. Evêquet.

1116 : v° kal. Decembris. — Reconoissance féodale faite par Laureta à Bernard Aton vicomte , à Cécile vicomtesse , et à leurs enfans , du château d'Ornazons et de tout ce que lad. Laureta possédoit héréditairement de son père et de sa mère dans les comtez de Carcassonne , de Narbonne , de Reddes , de Rossillon , de Dcziers etd'Agde , et qu'elle tenoit d'Hermengarde , mère dud. vicomte Bernard Aton (Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve Ccclxxi. col. 396. Cartulaire de Foix.).

H18 , nonas Madij. — Premier Testament de Bernard Aton vicomte de Carcassonne , alant en Espagne combattre les Maures , pour acomplir vu voeu ; par lequel testament il lègue Carcassonne et le Carcassez à Cécile vicomtesse son épouse , et après elle à son fils Roger , outre ses autres biens qu'il énumère , et outre un legs pie à St-Robert de la Case-Dieu (raluze : Histoire de la Maison d'Auvergne. T. II. Preuves, pag. 587. — Histoire générale de Languedoc, édit. in-fol. T. II. Preuve Ccclxxii. 403. Trésor des Chartes du Roy : Cité de Carcassonne). — v. ci-après : ad ann. 4129. dernier testament de R. Aton.

« Legalium institutionum salubria décréta anliquitùs pro- totum Bederrez; e.vceptis illis honoribus de Bederrez quos

mulgando sanexerunt vt quisquis suarum possessionum substanciam , vel redditus , distribuere , aut manumittere, vel dividere voluerit, hoc sub quorumlibet nobilium praesentia subscriptione aut etiam lestificatione , faccre studeat, vt quod cTistributum et manumissum fuerit, nobilium testificatione inconcussum et stabile in perpetuum valeat permanere. Quod ego Bernardus Atonis , vicecomes Carcassonœ civilatis, advocalis quibusdam nobilibus et legalibus viris , pergens ad Ispanias , adimplere studui, et coram positis leslibus . hoc testamentum inter vxorem meam et filios stabilieudo ila constitui ; et quod ipse salvator dixit : « primum quœrite regnum Dei, etc... In priinis concedo atque dimitto Deo el S. Roberto de Casa Dei, pro remissione peccatorum meorum et uxoris meee et filiorum meorum, atque genitorura, quidquid habco, vel habere debeo in villa quaj vocatur Arcbas (Arques), et totum decimum et ecclesiam eju.>dem villa) , et praecipio vt Rogerius filius meus deliberet islum decimum et istam ecclesiam lotam , monachis domus Dei . ut habeant eam liberam. Dono etiam eis , scilicet monachis S. Rolberti, totam partera illam quam habco in ecclesiam de Taxas. Post ha?c dono atque concedo vxori meac Ceciliœ totum honorera menm vbicùmque illum habno quamdiù ipsa vixerit , vel quamdiù tenere voluerit, vt teneat et possideat, sine omni blandimento filiorum meorum. Et postquam vicecomitissa a praescnii vita migraverit, reliquo filio mco Rolgerio, Carcassonam et Carcassez, et Redas et Reddez, et houorcm do Tolosano totum qui pertinet ad dominium de Carcassona et de Rodas. Rclinquo etiam supradictc> Rotgerio Terme et Termenes , et totos illos retornes et rectitudinem quse pertinet ad dominium de Terme. Et simililer dono ei totum quod habeo in Narbonensi vicecoinitatu quod pertinet ad dominium de Carcassona et de Terme. Dimitto etiam ei Bitteris ciuitatem et

posui in portione , vel diuisione honoris Raimundi Trenchaveî. Et Raimundus faciat pacem firmare ad Rotgerium fratrem suum seniores castellorum de Bederrez, quae castella sunt in parte honoris ipsius Raimundi. Quod si domini ipsorum castellorum nollent pacem firmare , non habeal molestum Raimundus si Rotgerius eos cogeret atque distringeret ad firmandam pacem. Relinquo elian ei fevum de domino de Murel ( Murviel); et relinquo ei fevum domini de Brunic.held; et relinquo ei turrem de qua Petrus Raymundi de Murel fecit convenientiam mihi, vt aedificaret eam in Murel, propter quam construendam Petrus Raymundi accepit a me ce solidos Tholosanos ; et fecit liane quod quando facta fuisset juraret eam mihi ipse, et filius ejus , et similiter filii ejus ad filios meos. Dimitto etiam et concedo Rotgerio snepe praenominato quidquid habebo, vel habere debeo in Minerbensi; et relinquo ei castellum de Capite stagni (Capestang),e\, castellum de Cenceno (Cessenon), cum omnibus suis pertinentiis. Et duasabbatias sine parte fratris sui, scilicet Chaunas [Cannes) , et Vallem Segarii ( Slonlolitu), et villam qua? vocatur Alsau dimitto ei. Et omnes achaptos quos ego feci in supra dictis honoribus, sint similiter cjusdem Rogcrij. Et in islis honoribus quos relinquo Rotgerio nihil possit obtin«re . aut adquirere Raimundus frater cius , sine eius consilio. Igitur si vicecomitissa vellet dividere se a filijs suis , dimitto ei Beders et Bederrez , et castellum de Cenceno , cum omnibus suis pertinentiis, et Agde et Agadez, et Ncmausum, cum omni honore de Nemauses , et Terme et Termenez, et quod pertinet ad dominium de Terminis ; et Prexanum ( l'reissan), et Confluentum [Couffoultns ). Dimitto el concedo etiam ei La Forest, et quidquid a La Foiest pertinet; et dono ei totum honorera meum qui est inter Agud et Toret [l'Agoul et le Thorel) , et proprie dono ei villam de Burlas cum omnibus suisperlinentiis. Et dimitto ambobus filijs meis totum quod lucratus sum , hoc est quod guadanavi in castello de Buciagas (Bousarguesl): Etsimiliter in commiiue dono ambobus Castellum nouum quod cognominatur Arri ( Castelnaudarry) [1] et castellum de S. Felicio. — Àetum est hoc testamentum auno Mcxviii* post incarnationem Dominicain, régnante Lodovico rege Fraticorum , uonis madij. Bcrnardi Atonis et uxoris ejus Ceciliœ; Decani de Poscheiras; Gilaberti de Lauraq; Bernardi de Chanel (Canct); <^ Petn Rainardi ; ^£ Pclri Sigarij ; £^ Bernardi Mironis de Laurag;

Sicardi de Murvel; Guillelmi de Chulnatz ; ^ Pétri de Sabra; ^£ Bernardi Araati. Raimundus sacrista B. Nasarij sedis Carcassonse sci ipsit, jubente Bernardo Atonis. »

— Autre copie , avec variantes , du même testament du vi

[I] « C'est là le plus ancien monument que nous ayons vu , où il soit fait mention de la ville de Caslclnaudary » (Histoire générale de Languedoc. L. rvi. 56.J.

comte Bernard A Ion , même date, même témoins; celle-ci prise aux Archives du château de Foix (ut suprà. col. 404 ).

* ...Dimitto et coucedo Raymundo Trencavel filio meo quidquid habeo,vel habere debeo in Albio.vel in Albiensi.vel in comitatu de Rodergo ( Rouergue) , aut in Cadurcensi ( Cahors) , aut in Tliolosano, aut in Narbonensi. Totum dimitto ei scilicet quod pertinel ad dominium de Castro quod vocatur Ambilet . Reliquo ei Agde et Agadez, et castellum de Pedenas (Pezenas), cum omnibus terminis suis; et totum honorem quem habeo de Herau vsque ad Rhodanum lluvium. Item dono ei retorn de Milgor. Item dimitto ei totum quod habeo in Nemauso aut in Nemausez, quod pertinet ad vicecomitatum de Nemauso; et relinquo ei castellum de Cerver \ alias: de Cerner). Dimitto ei etiam castellum de Lunas, et totum honorem quem tenet dominus de Lunas de me. Simdiler dimitto ei abbatiam do Juncels et fevum de Bernardo de Audusa, et Bermundi Pelet, et Guilhermi de Montepessulano {Montpellier), etc.... [ut suprà).

—« Tel est le testament que Ht alors le vicomte Bernard Aton; il en changea les dispositions dans la suite, en faveur de Bernard Aton, son 3' Dis, dont il ne dit rien dans cet acte ( v. ci-après: ad ann. 1120 : dernier Testament). Ce Vicomte , dans son testament, ne fait mention d'aucune de ses filles, quoique nous sachions qu'il en avoit plusieurs {Histoire générale de Languedoc. L. xvi. 50.).

Même année. — Donation par Guillaume de Termes et ses frères , à Cécile vicomtesse et à ses fils , de ce qui leur appartenait au château de Termes. — v. Cartulaire de Carcassonne. T. III. pag. 442. texte.

— Celte donation , reçue par la vicomtesse Cécile , fait voir que le vicomte Bernard était absent, et parti pour l'Espagne, comme l'annonce le début de son testament.

iM9 , Mai: — Charte de Bernard Aton vicomte , pour la réformation de l'abbaye de Sorèze , qu'il confie à Robert abbé de Moissac et à ses religieux (Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve Ccclxxx. col. 407. Cartulaire de Foix.).

« Rex rogum , etc... Ego Bernardus vieccomes fateor me reum esse et culpabilem in omnibus viis meis , et insuper de ecclosiis quas in potestate mea sunt maie ordinaire , quarum una est monastentim .S. Mariai Soriceusis, quae modo videtur seculariter stare. Idcirco ego volens ut ibi régula S. Bencdicti possit observari et tenen , volo adjutorium post Deum , D. Rogerii abbatis et monacliorum Moisiacensium; et dono ordinationem , ego Bernardus Ato vicecomos , et uxor mea Cœcilia;, et (ilii mei Rogerius et Raymundus, prcefati monasterii S. Maria; Soriceusis domino Deo et bealis apostolis Petro et Paulo , et monasterio Moisiaco, ut deinceps ordi

netur secundum regulam S. Benedicti intùs et foris, per manum domini abbatis Moisiacensis, et fratrum Moisiacensium , quamdiù voluerint bene ordinare. Ordinamus itaque ut ullus cornes Tolosanus ibi ullum dominium habeat, nisi solus Bernardus vieccomes, et progenics illius. Anno ab incarnatione Dom. M.c.xix. facla carta ista in mense maio , sub die i'eria v. rognante D. Ludovico rego. S. Domini Arnaldi abbatis Cellœ Medulfi. S. Bernardi Adelbaldi. S. BerIrandi de Maismore. S. Guilaber de Laurac. S. Bernardus Bonlilius. S. Bertiaudus Poncius de Auriac , S. Raymundi de Rocafort; et multi alii. »

i 120 - 1123. — La ville de Carcassonne se soulève contre le vicomte Bernard Aton; il en est chassé par les habitans [an 1120]. Il reprend celte ville [an 1123] (Histoire générale de Languedoc. L. XVI. 68 et 75.).

■ Besse {Histoire des Comtes de Carcassonne. pag. 114) rapporte les circonstances suivantes de la soumisson de Carcassonne au vicomte Bernard Alon. Il prétend que les habitans lui ayant refusé , en 1120 , l'entrée de leur ville , le vicomte l'assiégea d'abord, et changea ensuite le siège en blocus ; qu'enfin la paix fut conclue par la médiation du comte de Barcelone , auquel les deux partis s'étoient adressés : les habitans reçurent le Vicomte a son retour et lui firent une entrée magnifique, au mois d'août de l'an 1123 , après trois ans de siège ou de blocus. Mais tout cela n'est fondé que sur des mémoires incertains que l'on se contente de citer en général (Mémoires de feu M. Bernard d'Estellat.Archives du Chapitre de Saint-Nazaire). Il paraît au contraire, par les monuments qiy nous restent, que le comte de Barcelone ne se mêla en aucune manière de la paix que Bernard Aton fit avec les habitons de Carcassonne ; que ce vicomte soumit la ville de force, et qu'il punit sévèrement ceux des habitons qui ne lui avoient pas été fidèles. Quant au tems de cette soumission , le plus ancien acte par lequel le Vicomte disposa des biens des rebelles est du lundi, 12mc de janvier 1125 , preuve qu'il soumit Carcassonne au moins dès la fin de l'année précédente.

• Le vicomte Bernard Aton , après avoir repris la ville de Carcassonne , exigea un nouveau serment de fidélité des nobles du pays : ils se rendirent caution les uns des autres. D'un autre côté , il confisqua les biens de ceux qui lui avoient été rebelles et en disposa en faveur de ceux qui étoieut demeurés fidèles , au nombre de seize, auxquels il donna en fief les tours et les maisons de Carcassonne qu'il avoit confisquées , à condition de faire guet et garde dans cette ville, les uns 4 les autres 8 mois de l'année, et d'y résider avec leur famille et leurs vassaux durant tout ce temps-là. Bernard Aton accorda divers privilèges à ces châtelains, qui s'engagèrent à leur tour, il lui faire hommage et à lui prêter serment de fidélité. »

H20 : Viiii. calendas Septembris. Les hommes de Carcassonne se soustraisent à l'obéissance du vicomte Bernard Aton (Histoire gétiérale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuvre Ccclxxxiv. tiré d'un mss. de feu M. de Rignac , de Montpellier).

— « Anno M.c.xx. epacta Xviii, concurrente iv. Carcassona negata est vicecomiti Bernardo Atonis ab liominibus ejusdem urbis , die Viiii. calend. septembr. fer. iii, régnante Ludovico, praesidente in cathedra Romana Calixto P.P. archiepiscopo Narbonensi Richardo , episcopo Carcassonensi Arnaldo , Gerundensi. Reddita verô fuit anno ».

1125 (circà). Traité de protection d'Alfonse comte de Toulouse , en faveur de Bernard Aton vicomte de Beziers , contre les comtes de Barcelone et de Poitiers (ut suprà. Preuve cccxcm. col. 124. Cartulaire de Foix.).

— « Neque inde te decipiam , neque tollam tibi Carcassonam , neque civilates tuas . etc.... » 1124 : ix kal. Febr. v. Cartulaire de Carcassonne. T. IV. pag. 189 : Lauran. texte.

Même année (circà). — Actes de soumission et de cautionnements personnels , des nobles du comté de Carcassonne , au vicomte Bernard Aton (Histoire générale de Languedoc. T. II. édit. in-fol. Preuve cccxcvu. col. 427. Cartulaire de Foix.).

 

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Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion