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14 Mar

Carcassonne: Des hommes et des pierres pour la cathédrale Saint-Michel

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Infos

CARCASSONNE

Des hommes et des pierres pour la cathédrale Saint-Michel

 

  A la pierre qui  s'effrite, et reste entre les doigts au passage de la main, succèdent peu à peu des blocs de grès lisses, aux tons nuancés, gris et orangé.

 

Depuis plus d'un an, à l'abri des échafaudages et aux frais du Plan de relance financé par l'Etat, la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne se refait une parure minérale.

 

Ce jour-là, comme toutes les trois semaines, Jean-Louis Rebière, l'architecte en chef des Monuments historiques qui supervise la restauration, vient de Toulouse visiter le chantier et rencontrer les artisans.

 

Avec

  les plans de Viollet-le-Duc

« Le travail porte sur la couverture de la nef, les maçonneries hautes et le pignon Est. La cathédrale Saint-Michel était à l'origine une église bâtie sous Saint-Louis. Sa dernière modification remonte à Viollet-le-Duc, qui l'avait en quelque sorte 'customisée' pour donner plus de lumière à l'intérieur »

 

En 1857, celui qui réinventa la Cité, signe ici sa première réalisation à Carcassonne. On a d'ailleurs ressorti des archives les coupes qu'il avait réalisées à l'époque. Elles servent de modèle pour cette campagne de travaux, la première d'une telle envergure depuis le XIXe siècle. Objectif : respecter au mieux l'esprit du bâtiment.  

« Le plus beau compliment qu'on puisse nous faire pour une restauration, c'est : 'On a l'impression que vous n'avez rien fait' ! », lance avec humilité Michel Bizeul, l'entrepreneur chargé de la maçonnerie, installé près de Cahors. Saint-Michel n'est pas sa première collaboration avec Jean-Louis Rebière, ni avec le couvreur, basé en Dordogne. Les professionnels des monuments historiques forment un microcosme qui se côtoie, de voûtes défraîchies en créneaux chancelants.   « D'un lieu à l'autre, on se retrouve souvent : artisans, architectes », confie Jean-Luc Sègue, le chef de chantier, déjà intervenu à la cathédrale Saint-Just de Narbonne et au Palais des papes d'Avignon.


Après quelques échanges au pied de l'échafaudage de 26 mètres de haut, l'inspection commence, au son des coups de marteaux, dans ce dédale vertigineux de tubes métalliques, de trappes et d'échelles, au plus près des fleurons et des gargouilles à tête de monstre.   « Si Saint-Michel a été inscrite aux chantiers du Plan de relance, c'est notamment parce que l'étude de réfection était déjà prête. Elle avait été commandée il y a quelques années par la commission régionale des Monuments historiques », explique Jean-Louis Rebière. L'intervention était en tout cas justifiée, à voir l'état friable du grès de la façade, érodé au fil des ans par les intempéries et des volatiles importuns   (lire ci-dessous).

 

1 000 mètres carrés de toiture
Au bord du toit, on remet en place les balustrades installées par Viollet-le-Duc, et détruites depuis. Les faux merlons, en grès espagnol, sont taillés en atelier, dans le Lot, puis acheminés à Carcassonne. C'est Jean-Luc, le chef de la maçonnerie, un sculpteur formé aux Beaux-Arts, qui veille à leur installation :   « Ce sont des pièces de 300 ou 400 kg. Les plus lourdes, de deux tonnes et demie, ont été montées avec une grue, venue spécialement pour les hisser jusqu'à leur emplacement ».

Plus haut encore, sous un « parapluie », le chantier de la toiture. 1 000 mètres carrés   à restaurer. Jean-Luc Faure, le couvreur, a travaillé précédemment sur la basilique Saint-Nazaire et la tour du Tréseau, à la Cité.   « On retire les tuiles pour en mettre de nouvelles, à talons, pour une meilleure fixation. Les plus belles pièces d'époque sont disposées sur le dessus, ce qui permet de laisser au bâtiment son aspect ancien ».

Enfin, une dernière mission attend les hommes de l'art : la rénovation complète de la rosace située au-dessus du portail d'entrée de la cathédrale.   « Elle subit des infiltrations qui pourraient menacer l'orgue situé juste derrière. Il faudra tout déposer, refaire le plomb, les ferrailles et l'ensemble de l'appareil en grès », constate l'architecte, appareil photo en main.   « Ce chantier nous a permis de découvrir que certains vitraux de cette rose datent du Moyen âge ».

Les travaux, qui n'ont subi aucun retard jusqu'à présent, devraient prendre fin en 2013.

Leur coût : 2,5 millions d'euros, et toute la passion des métiers du patrimoine.  


Fabien Arnaud

 

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À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion