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15 Aug

16 août 1621: Christophe de Lestang ou de L'Estang

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Calendrier

Christophe-de-L-Estang-.jpg



Christophe de Lestang ou de L'Estang

(Christophe de Guilhon, dit de Lestang)

 

(Photo: JLB)

prélat français


 Evêque de Carcassonne
Commandeur du Saint-Esprit (reçu le 31 décembre 1619)

 

Evêque influent à Carcassonne au XVIe et XVIIe siècle


Issu de la noblesse

 

petit-neveu d'un cardinal et de trois évêques, il se destine aux ordres.

 

né à Brive en 1560

 

           mort à Carcassonne le 16 août 1621

 

Biographie  

Il était le fils d'Étienne de Guilhon, seigneur de L'Estang et du Vialar, président au présidial de Brives, et Louise de Juyé, fille de noble Antoine de Juyé et de Jeanne de Selve (sœur de Jean de Selve, premier président du parlement de Paris, négociateur du traité de Madrid (1526))

 

Son frère Jacques de Lestang fut président au parlement de Toulouse.

Carrière ecclésiastique  

S'étant destiné très jeune à l'état ecclésiastique, il se forma dans l'entourage du cardinal de Birague auquel il succéda, à l'âge de vingt ans, comme évêque de Lodève (1580)

 

Il fut sacré l'année suivante par dispense du pape et prit possession de son évêché le 5 juin 1581.

 

Il en fut expulsé en 1585 par le duc Henri Ier de Montmorency qui lui reprochait ses accointances avec la Ligue : le roi Henri III lui permit d'habiter le palais épiscopal de Carcassonne et d'en percevoir les revenus.

 

Le 13 août 1597 il posa la première pierre de la nouvelle église du couvent des capucins de Toulouse au nom du cardinal de Joyeuse.

 

En 1602, il fut pourvu de l'évêché d'Alet sur résignation de son prédécesseur[1], puis, peu après, il fut transféré sur le siège de Carcassonne dont il prit possession le 24 septembre 1603.

 

Il consacra le 25 avril 1610[2] l'église des capucins de Carcassonne.

 

Suivant les recommandations du concile de Trente, il établit le rite romain dans son diocèse. Son neveu Vital de Lestang, fils de Léonard de Lestang, fut, avec l'agrément du roi, son coadjuteur à partir de 1615, et lui succéda à sa mort.

 

Il fut désigné abbé commendataire de Montolieu par Henri III, mais il ne put obtenir ses provisions de Rome 

 

Libératus de Lestang, qui était son vicaire général à Lodève, lui succéda en 1591 et perçut en son nom les revenus du monastère.

 

Il eut ausi les abbayes Saint-Pierre d'Uzerche et du Mas-Grenier, cette dernière en 1607, année de son union à la congrégation des Exempts.

Carrière civile 

Il fut député par la Ligue au roi Philippe II d'Espagne en 1591 pour le remercier des troupes qu'il avait envoyé en Languedoc et lui demander de poursuivre son aide[3]

 

Il présida les sessions des États de Languedoc le 16 novembre 1604 à Albi, le 22 octobre 1605 à Narbonne.

 

Il fut nommé commandeur de l'ordre du Saint-Esprit lors de la promotion du 31 décembre 1619.


Il fut aussi grand maître de la chapelle du roi à partir de 1617, conseiller d'État et conseiller au parlement de Toulouse.

 

Le roi Louis XIII lui donna la commission de directeur des finances avec seize mille livres d'appointement.

 

Il mourut à Carcassonne le 16 août 1621[4] et fut inhumé dans la cathédrale Saint-Nazaire de Carcassonne, devant l'autel du Saint-Sacrement.

 

Son cœur fut déposé à l'église des capucins.

 

Son mausolée de marbre fut détruit durant la Révolution.

  1. C.-M. Robion, Les Audois ... (s. dir. R. Cazals et D. Fabre), affirme que Henri IV lui donna l'évêché d'Alet en 1594 mais qu'il n'aurait pas eu le temps d'en prendre possession.
  2. Histoire générale de Languedoc, p. 749 ; il y a une incohérence avec la notice de la page 338 qui indique la date de 1606.
  3. Histoire générale de Languedoc, XI, p. 819.
  4. C.-M. Robion, Les Audois ... (s. dir. R. Cazals et D. Fabre), rapporte qu'il serait tombé malade au siège de Montauban, mais les troupes royales n'arrivèrent que le 17 août 1621 (Histoire générale de Languedoc, XI, p. 944, note 2).

CARCASSONNE

L'annonce de la mort du Roi

21 mai 1610

François Ravaillac, un catholique fanatique, vient d'assassiner notre monarque respecté Henri IV.
 
L'affreuse nouvelle vient de parve nir dans notre bonne ville si attachée à son souverain Henry quatrième du nom , par la grâce de dieu roi de France et de Navarre.
On savait depuis quelques jours que le roi avait été blessé dans son carrosse alors qu'il venait d'entendre la messe ; un Angoumois lui avait donné un coup de couteau le vendredi quatorzième de ce mois de mai.

Notre estimé évêque Hier, on apprenait dans la Cité la triste nouvelle de sa mort, grâce aux courriers expédiés par monseigneur Christophe de Lestang au juge mage : le roi n'avait pas résisté à ses
blessures.
On sait combien notre évêque se trouve constamment en Cour puisque le défunt roi l'avait nommé membre de son conseil privé et grand maître de sa chapelle de musique.
Certains pouvaient même affirmer que le prélat avait prêté une somme de 18 000 livres au roi qui lui avait alors signé une promesse de remboursement et lui avait confié des papiers officiels et son épée.
Le bon roi l'honorait d'une estime particulière et le faisait participer à toutes les affaires concernant le clergé du royaume.
Les États de Languedoc lui avaient recommandé les principales interventions de notre province.
La nouvelle de la mort
Dès l'arrivée des courriers, Messire Philippe de Roux, président et juge mage, fit hâte pour prévenir les édiles et tous les grands personnages de notre ville.
Informé par le lieutenant général de cette province de Languedoc, Mgr le duc de Ventadour, le conseil général de la communauté s'est réuni aussitôt.
Le premier consul, Maître Guillaume Starquin, a représenté avec émotion le principal sujet de la réunion : il convenait de prendre garde à la sécurité de la ville, car depuis l'avènement de notre regretté souverain, nos régions avaient su profiter de quelque repos après tant d'années de guerres civiles.

Ensuite, messire de Roux a insisté sur la perte inestimable que le royaume ressentait et sur l'entente qui devait régner entre les habitants dès cette année 1610.
Il a exhorté l'assemblée
"à vouloir être bons amis pour ensemble s'entr'aimer comme bons citoyens et ne s'épargner en rien" pour le bien général de la ville.

Les dernières paroles convainquirent les présents déjà pénétrés par l'émotion :
"le bon Henri, quatrième du nom, de très heureuse mémoire, que nous devons appeler le restaurateur de la France, la merveille de tous les rois et le roi des merveilles"
Jean-Louis Bonnet


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Evêque à 21 ans
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Christophe de l'Estang 2.jpg
Les ruines de l'abbaye d'Alet les Bains en 1900.
Archives: Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne
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Evêque
à 21 ans, il prend successivement la tête des évêchés de Lodève,

Alet les Bains et Carcassonne
de 1603 à 1621.
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Il succéde à
Annibal de Ruccellei
évêque de 1659 à 1621,
ancien gouverneur de Rome et préfet du Vatican.
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Pierre tombale de
Annibal de Rucellai
dans l'église Sant Andréa della Valle à Rome.
Photo: Chroniques de Carcassonne

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Conseiller au parlement de
Toulouse
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L'hôtel de Lestang aujourd'hui siège du rectorat à Toulouse.
Photos: Chroniques de Carcassonne
Toulouse 020.jpg
En faveur auprès d'Henri IV puis de Louis XIII, proche de Richelieu,
il devient membre du Conseil du Roi et maître de la chapelle du Roi en 1617.
Conseiller au parlement (cour de justice) de Toulouse, il dispose de revenus importants
et se fait naturellement édifier une résidence digne de ses fonctions dans la ville rose.
Toulouse 026.jpg
Son choix se porte sur un quartier calme entre archevêché
(aujourd'hui préfecture)
et Parlement
(à l'emplacement de l'actuel tribunal de grande instance).
Toulouse 023.jpg

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Les dernières traces visibles à
Carcassonne
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Blason de Christophe de Lestang, visible sur la façade la chapelle Saint-Gimer.
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Il mourut le 16 août 1621 et fut inhumé dans la chapelle Saint-Sernin de la
cathédrale Saint-Nazaire, devant l'autel du Saint-Sacrement.
Son cœur fut déposé à l'église des capucins.
Son mausolée de marbre fut détruit durant la Révolution.

 Les deux blasons figurant sur son tombeau se trouvent aujourd'hui en réemploi
sur la façade de la chapelle Saint Gimer et
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 sur le fronton de la tribune de l'orgue de la
basilique Saint-Nazaire.
Photos: Chroniques de Carcassonne
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Son neveu
Vitalis de Lestang
( 1588-1652)
nommé évêque coadjuteur en 1615,
lui succedera jusqu'a sa mort au château de Villalier.
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Avec mes remerciements à
Didier Héricart de Thury
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A lire pour en savoir plus:

La notice consacrée à l'hôtel de Lestang rédigée par
Jocelyn Lermé et Pierre Barthère
(offerte a l'accueil du rectorat).

Jean-Pierre Cros-Mayrevieille
"Monuments de la Cité et de la ville basse de Carcassonne"

p.92-93
Editions Francis Pomiès / 1876
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À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion