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10 Jun

11 juin 1371: Arnaud Aubert

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Calendrier

Evêques d'Agde


Autres fonctions

Fonction religieuse: Camérier pontifical
Fonction laïque: Médiateur avec la cité de Florence

Doyen de Saint-Yrieix
Vicaire-Général d'Avignon (1366)


Il contrôlait la route d'Avignon à Tarascon

Né vers 1319 à Monts, près de Pompadour au diocèse de Limoges de Gui Aubert et Marguerite de Livron

Décédé le 11 juin 1371 au château de Boulbon (13) au diocèse d'Avignon dans la demeure de son neveu Gui Aubert et de son épouse Enemonde de Boulbon.

Il a sa sépulture au couvent des Chartreux de Villeneuve-lès-Avignon (84)


La chambre apostolique exerce son droit de dépouille : Pierre de Vernols, trésorier, le 11 juin 1371, Pierre de Cros, nouveau camérier, le 22 juin, et Jean Alamandi [8027], sous-collecteur d'Auch, le 11 mai 1372, recoivent des commissions ad hoc [UPLA, Grégoire XI, 259, 274, 276, 773]
Le 5 janvier 1385, le camérier François de Conzié ordonne à Sicard de Brugayrosio [112] de collecter les arriérés, non perçus par Sanche Vaquerii [506] et Arnaud de Peyrac [93]


Il était le neveu du Pape Innocent VI qui le nomma



 

 

Arnaud Aubert est un limousin ayant accompli une brillante carrière à la cour des papes d'Avignon dans le second tiers du XIVe siècle.

Promu évêque d'Agde en février 1354, puis de Carcassonne à l'automne suivant, il succède à Guillaume de Flavacourt sur le siège d'Auch à compter de 1357.


Biographie

Arnaud Aubert apparaît en curie en 1332.

Il obtient de confortables bénéfices de Benoît XII, mais c'est Etienne Aubert, son oncle, qui accélère sa carrière.

Une fois devenu pape sous le nom d'Innocent VI, Etienne promeut Arnaud notaire pontifical, l'élève à la dignité épiscopale, le transférant d'Agde à Carcassonne en 1354, et lui octroie le siège archiépiscopal d'Auch trois ans plus tard.

Pour autant, Arnaud Aubert continue de servir son oncle au palais pontifical d'Avignon, comme référendaire, camérier pontifical puis administrateur du diocèse d'Avignon. (WILLIMAN Daniel éd., Calendar of the letters of Arnaud Aubert. Camerarius Apostolicus 1361-1371, Toronto, 1992)

Lorsque, en 1367 Urbain V part d'Avignon à Rome pour tenter d'y réinstaller le siège pontifical, Arnaud Aubert est amené à gouverner la cour pontificale, conduire des négociations diplomatiques et veiller aux opérations financières.

Fort de cette expérience, il est investi à son retour en Avignon, par Grégoire XI, d'une mission de médiation avec la cité de Florence.

Arnaud Aubert supplée son absence en Gascogne par la nomination de vicaires généraux le représentant tant pour le gouvernement du diocèse que de la province d'Auch.

Les livres de compte des administrateurs de son siège ont été versés, à son décès, dans la série des Collectories des Archives Secrètes du Vatican.

Ils ont été en partie édités pour rendre compte des travaux effectués par cet archevêque au donjon de Basoues, une dépendance du temporel auxitain (SAMARAN Charles, BRANET A., 'Le château et les deux tours de Bassoues d’après les comptes de construction inédits (1370-1371)'. In Bulletin de la Société Archéologique du Gers, t. 3 (1902), pp. 197-221.)

    Liste des évêques d'Agde
    Liste des évêques de Carcassonne
    Liste des archevêques d'Auch.

 Etudes
   

Il est bachelier en droit civil en 1344, licencié en 1348.
Carrière
   

Il a la carrière d'un éminent curialiste.
Le 20 décembre 1332, Arnaud Aubert reçoit de Jean XXII un canonicat sous expectative de prébende à Saint-Martin de Tours (BREPOLIS.NET 2008 - UPLA, Jean XXII, 59184)
Le 19 septembre 1339, Benoît XII confère lui confère une prébende canoniale à Noyon (BREPOLIS.NET 2008 - UPLA, Benoît XII 6758]
Le 10 décembre 1344, chanoine de Saint-Pierre d'Aire-sur-la-Lys au diocèse de Thérouanne, il reçoit la prévôté de cet établissement, qu'il conserve jusqu'en 1353.
En 1349, il est pourvu du doyenné d'Hesbaye.
Le 20 septembre 1352 il reçoit une prébende canoniale à Bourges, qu'il résigne en 1353.
Le 17 mai 1353, il accepte prébende canoniale et archidiaconé d'Hesbaye à Liège, vacants par la promotion de Jean Roger à l'évêché de Rieux (UPLA, Innocent VI, 521)
Le 15 juin 1353, il bénéficie d'une dispense spéciale pour conserver son doyenné de Saint-Yrieix (diocèse de Limoges) et un bénéfice simple.

Le 21 août 1353, Innocent VI doit intervenir auprès de l'évêque de Liège pour imposer la provision du 17 mai, qu'un chapitre récalcitrant tente d'obvier, invoquant ses statuts sur la nécessité d'une naissance légitime.
Innocent VI certifie cette légitimité par lettres du 3 octobre 1353 (UPLA, Innocent VI, 574)
Le 14 novembre, Arnaud Aubert reçoit faculté d'élire un procureur pour les visites de son archidiaconé d'Hesbaye (UPLA, Innocent VI, 632).

Promotion
   

Il est diacre et âgé de 35 ans, lorsqu'Innocent VI lui confère le siège d'Agde au décès de Pierre de Berail, le 22 février 1354.
Le 24, il reçoit les licences usuelles pour un curialiste : tester, disposer d'un autel portatif et célébrer la messe avant le jour.
Le 19 mars, il s'oblige auprès de la chambre pour la somme de 1500 florins de communs services.

Il succède à Gisbert de Jean, comme évêque de Carcassonne le 14 novembre 1354.
Il s'oblige à nouveau pour les communs services à hauteur de 6000 florins.

Le 18 janvier 1357, il succède à Guillaume de Flavacourt sur le siège métropolitain d'Auch.
Cédé au roi d'Angleterre par le traité de Brétigny, le diocèse d'Auch relève de l'autorité du Prince Noir de 1362 à 1369.
 
Episcopat
   

Arnaud Aubert préside un concile provincial et publie le 22 avril 1364 des Constitutions contre les usurpateurs de biens ecclésiastiques, confirmées au Concile de Bâle le 23 mars 1435 et par Jules II le 24 septembre 1507.
Urbain V les confirme le lendemain (UPLA, Urbain V, 11495)
Le 29 avril, sur sa demande, Urbain V révoque toutes les donations, concessions de revenus appartenant à la mense archiépiscopale faite par ses prédécesseurs (UPLA, Urbain V, 11514)

Vicaire général du diocèse d'Avignon en 1366, il publie des statuts synodaux
(ALBANES 1920, c. 414 : Avignon, BM 654, f. 22 & 1939, f. 96. Cf. MANSI 1927, vol. 36, c. 177)

Arnaud Aubert n'a pu résider dans ses successifs diocèses : on lui connaît deux vicaires.
En 1363, il a pour vicaire général au spirituel et official Pierre Villani, ruthénois, docteur en droit civil, pourvu par Innocent VI des canonicat, prébende et archidiaconé de Barrois à Langres, qu'il résigne en 1368 sans avoir pu entrer en leur possession (UPLA, Urbain V 716, 4740, 19564, 21153)
En 1370, on retrouve ce personnage en curie, doyen de Castelnaudary au diocèse de Saint-Papoul, chapelain pontifical et auditeur général des causes de la chambre apostolique (UPLA, Urbain V 27320, 27430)
En 1366, Arnaud Aubert a pour vicaire général au spirituel Philippe, abbé du monastère bénédictin de Pessan, puis de Sorrèze au diocèse de Lavaur (UPLA, Urbain V 16462 ; Taurus 20501)
Ce vicaire, abbé de Sorrèze, le représente au concile de Lavaur en 1368 (MANSI 1927, vol. 26, c. 474-547 ; UPLA, Urbain V 26626)

Le diocèse d'Auch traverse une décennie d'incertitudes.
Le 13 décembre 1363, Aubert confirme l'absolution de Santillus, père de Jean comte d'Astarac (UPLA, Urbain V, 716, 10762)
Le 16 juin 1365, Urbain V recommande à Edouard, prince d'Aquitaine, Sos et ses habitants que l'archevêque ne peut diriger, mais veut protéger (UPLA, Urbain V, 1838)
Il cesse de percevoir ses revenus du diocèse d'Auch, lorsque le Prince Noir impose en Guyenne une capitation.
Le 7 janvier 1368, Urbain V essaie de convaincre Edouard III, roi-duc de Guyenne, d'épargner les finances de son archevêque d'Auch (UPLA, Urbain V, 2632)
Le même jour, il demande à Jean de Chandos d'intercéder en la faveur d'Etienne Aubert auprès d'Edouard (UPLA, Urbain V, 2633)
Le 28 juillet 1369, la rupture de l'archevêque avec la couronne anglaise est approuvée par Urbain V, qui ordonne aux archevêques de Toulouse, Narbonne et Auch d'accepter le subside de guerre que Charles V demande au clergé de chacune de ces provinces.
 
Activités
   

En 1338, il débute sa carrière comme chapelain au service de son oncle, Etienne Aubert, évêque de Noyon.

Dix ans plus tard, sur recommandation de ce même oncle devenu le cardinal de Clermont, Arnaud Aubert est reçu chapelain pontifical.

Le 30 décembre 1352, une fois son protecteur Etienne Aubert sacré pape, il devient notaire de la chancellerie, assumant le rôle de protonotaire à la chancellerie comme à la chambre (UPLA, Innocent VI 574)
Il signe en qualité de référendaire après son élévation à l'épiscopat en 1354.

Le lendemain du décès d'Etienne de Cambarou, le 16 mars 1361, il reçoit l'office de camérier pontifical et l'exerce jusqu'à sa mort.
Cet office le conduit à citer par devers-lui de nombreux clercs pour régler des conflits.
Il confirme en 1364 André de Moyria comme vicaire séculier pour la curie (UPLA, Urbain V 1405)
Il reçoit plus d'une centaine de résignations de bénéfices, dont une vingtaine le 8 décembre 1362, le 3 mars et le 25 avril suivant.
Il reçoit encore les serments de fidélité des officiers pontificaux.
Il délivre aux prélats les lettres certifiant leur visite ?ad limina' (CÁRCEL ORTÍ 1981)

Innocent VI lui confie l'administration du diocèse d'Avignon en 1362.
Son successeur Urbain V lui substitue Anglic Grimoard le 12 décembre 1362.
Mais lorsque celui-ci accède au cardinalat, Urbain V en confie à nouveau l'administration à Arnaud Aubert, du 18 septembre 1366 jusqu'au 13 avril 1367 (UPLA, Urbain V 2406, 5839)
Il constitue le jour même son procureur en la personne de Sicard de Fraxino (ALBANES 1920, c. 414)

Lors du départ de la curie vers l'Italie, en avril 1367, Arnaud Aubert est accompagné par la moitié du personnel de la chambre.
Il gouverne la cour pontificale à Viterbe, Rome, Montefiascone, et conduit les négociations diplomatiques et les opérations financières.
Le 22 mai 1370, il reçoit d'Urbain V la faculté d'exercer son office en curie ou hors de la curie, en l'absence du pape (UPLA, Urbain V 3093)
A cette date, il a pour lieutenant Pierre Flandrin, prévôt de Majorque, docteur en droit canon et chapelain pontifical.
Grégoire XI confirme, le 7 avril 1371, la ligue avec Florence obtenue par sa médiation (UPLA, Grégoire XI 2167)

Guillaume Farinerii, ministre général des franciscains et cardinal des saints Marcellin et Pierre, l'a constitué exécuteur testamentaire avec Pierre de Monteruc, cardinal de saint Anastase (UPLA, Urbain V 15045)
 
Culture
   

Urbain V concède, le 3 mai 1369, que la décime de tous les bénéfices ordinairement taxés serait affectée pendant trois ans aux réparations de la cathédrale Sainte-Marie d'Auch (UPLA, Urbain V 24601)
Il renforce à Auch le culte de saint Martial, saint patron de Limoges, missionnaire légendaire du Languedoc.
Il lui confère la liturgie d'un apôtre pour la fête du 30 juin, et fonde, dans l'Eglise sainte-Marie d'Auch, la chapelle Saint-Martial, desservie par dix prébendiers qui doivent réaliser le service ordinaire du ch,ur, une messe basse de requiem quotidienne, la messe haute du jour et l'office des morts à vêpres.

Le 1er août 1372, Bertrand Raffin, collecteur de Narbonne commissionné à Auch, doit payer 3000 florins sur les dépouilles du prélat pour construire cette chapelle (Coll. 358, 72v-73v, cité par WILLIMAN 1974, p. 58]
Il a lancé l'édification de la tour de Bassoues (SAMARAN, BRANET 1902)
Le 21 janvier 1374, la Chambre paie à son successeur Jean Roger (78) 500 florins pour en assumer l'achèvement (Höberg date?, 501)

Deux livres qu'il a eu en sa possession ont été identifiés : un volume glosé de l'Ancien Testament (BnF, lat. 77) et les Collectanea de Pierre Lombard sur les Epîtres de Paul (BnF, lat. 669) (DELISLE 1978, vol. 2, p. 337)
 
   

Il obtient une licence de tester, le 24 février 1354.


La chambre apostolique exerce son droit de dépouille : Pierre de Vernols, trésorier, le 11 juin 1371, Pierre de Cros, nouveau camérier, le 22 juin, et Jean Alamandi [8027], sous-collecteur d'Auch, le 11 mai 1372, reçoivent des commissions ad hoc [UPLA, Grégoire XI, 259, 274, 276, 773]
Le 5 janvier 1385, le camérier François de Conzié ordonne à Sicard de Brugayrosio [112] de collecter les arriérés, non perçus par Sanche Vaquerii [506] et Arnaud de Peyrac [93]
 
Figuration
   

Une clé de voûte représentant un évêque dans la salle principale du donjon de Bassoues lui a été attribuée [Branet-Samaran 1902]

Un fragment de son sceau est attaché à une quittance fournie en avril 1365 à l'abbaye du Mont-Saint-Michel [Avranches] [Laplagne-Barris 1888, p. 7 d'après Demay 1881, n° 2173]
Le buste de l'archevêque est accompagné d'un écu effacé et des lettres CAME? pour ?camerarii'

Sceau ogival de 58 millimètres (AD Manche, Abbaye du Mont-Saint-Michel)

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À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion