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01 Feb

1er février 1565: Charles IX à Toulouse

Publié par basilique saint nazaire  - Catégories :  #Carcassonne

1er février 1565: Charles IX à Toulouse
1er février 1565: Charles IX à Toulouse

La cour pénètre dans la capitale du Languedoc

Bien que le Parlement et l'immense majorité des habitants fussent catholiques, une minorité protestante, soutenue par quelques-uns de ces célèbres capitouls qui administraient la ville, avait provoqué en 1562 une véritable guerre de rues

Aucun des deux partis n'avait oublié ses pertes

il avait fallu la puissante intervention de Montluc et de son armée pour rétablir l'ordre et remettre la ville au pouvoir du Roi

L'entrée se fit selon le scénario connu: les notables défilèrent, les corporations suivirent selon un ordre hiérarchique prévu, les jeunes filles jouèrent les nymphes parce que les poésies de Ronsard déjà étaient connues

Enfin Montluc, étant sur place, vint réclamer à Leurs Majestés, le remboursement des frais qu'il avait assumés avec son armée lors de son intervention victorieuse dans la guerre civile de Toulouse restée catholique grâce à lui

Deux nouvelles vinrent surprendre Catherine de Médicis

L'ambassadeur d'Espagne lui apprit que le Roi d'Espagne consentait à envoyer sa femme à la frontière pour qu'elle pût voir sa mère

Catherine crut défaillir de bonheur, elle fondit en larmes

L'autre nouvelle la mit en colère et le Roi aussi

on l'informait qu'à Paris Coligny venait d'entrer dans la ville à la tête de six cents cavaliers

il profitait donc de l'absence du Roi pour braver les édits et menacer la capitale

Le Roi, furieux, renvoya sans les entendre les protestants de Toulouse qui venaient lui demander de nouvelles concessions et le droit de rouvrir leurs lieux de culte dans la ville

Le Parlement écouta en même temps une harangue contre les catholiques qui l'abasourdit autant que la cour

La menace d'une nouvelle rébellion se précisait

CAtherine de Médicis prit aussitôt le contre-pied des revendications protestantes et tint ferme sur ses positions

Elle espérait aussi que Philippe II, informé de sa fermeté, serait plus conciliant lors de leur entrevue à Bayonne

Car, bien qu'il n'eût pas répondu à leur invitation elle espérait quand même: son optimisme ne se démentait jamais

Pendant que la cour s'attarde à Toulouse, la reine ne pensait qu'à cette rencontre avec son gendre qui serait le point culminant de son voyage

En vue des dépenses qu'elle comptait faire pour la réception, elle emprunta des sommes considérables aux banquiers florentins

Elle acheta aussitôt des cadeaux somptueux pour offrir aux Espagnols de la suite du roi

Cela ne l'empêcha pas d'assister à des offices solennels dans toutes les églises de la ville et à des processions interminables, notamment celle qui promenait à travers la ville les reliques de Saint Sernin, vénéré des Toulousains

Sa présence et celle du roi donnaient à l'Eglise catholique un prestige et une force dont elle avait grand besoin et le pouvoir royal aussi

Au cours de ces cérémonie, ses deux fils, le Roi et Henri son frère, furent confirmés par le Cardinal d'Armagnac dans la splendide basilique Saint-Sernin

C'est à cette occasion qu'on changea les prénoms qu'on leur avait attribués un peu légèrement à leur naissance

Henri d'Anjou, duc d'Orléans, prenait officiellement le nom d'Henri en lieu et place d'Edouard-Alexandre

C'était son grand-père qui lui avait donné le prénom d'Edouard pour plaire au roi d'Angleterre

L'ambassadeur d'Angleterre fut vexé par cette substitution de prénom et le manifesta

Quant au dernier fils, le malheureux baptisé Hercule, on l'appela François, comme son grand-père

C'était plus convenable si, un jour, il devait être roi de France

A-t-on vu un roi s'appeler Hercule ?

Ces prénoms étaient une mascarade, comme celle de déguiser les filles en nymphes et les garçons en satyres

on obéissait à la vogue de la mythologie

Comme le séjour se prolongea un mois et demi, les jeunes princes poursuivaient leurs études

Catherine avait l'oeil sur eux et sur leurs précepteurs

La famille royale avait été logée par les soins du Cardinal-Archevêque d'Armagnac dans l'Archevêché qui n'avait pas les dimensions de Fontainebleau

Aussi, pour donner des chambres à tout le monde et des salles de travail aux jeunes princes, on avait compartimenté les galeries avec des cloisons en bois

Les beaux seigneurs et les belles dames vivaient un peu les uns sur les autres, ce qui n'est pas trop dire, si l'on en croit BRantôme

il raconte à sa manière pimpante le curieux spectacle auquel le prince Henri et son camarade d'études, un autre Henri, comte de Tallart, assistèrent en mettant l'oeil à la fente de la cloison qui séparait assez mal leur salle d'un cabinet voisin dans lequel ils avaient entendu quelqu'un s'agiter

ils découvrirent "deux fort grandes dames toutes retroussées et leur caleçon bas se coucher l'une sur l'autre, s'entre baiser en forme de colombes, se frotter, s'entrefriquer, bref se remuer fort, paillarder et imiter les hommes et dura leur échauffement près d'une bonne heure s'étant si très fort échauffées et baisées qu'elles en demeurèrent si rouges et si en eau, bien qu'il fit grand froid, qu'elles n'en purent plus et furent contraintes de se reposer autant. Et disait qu'il vit jouer ce jeu quelques autres jours tant que la cour fut là de même façon"

Tels étaient les suppléments d'études dont jouissait le futur Henri III dans son cabinet de planches mal jointes

En quittant Toulouse, la cour s'arrêta à Montauban, ville à majorité calviniste, place irréductible de la Réforme dans le Sud-Ouest où Montluc avait fait de nombreuses et sévères apparitions pour maintenir la ville au pouvoir du Roi

La cour n'y séjourna pas, elle eut droit cependant à quelques arcs de triomphe

De là, on prit le grand chemin de Bordeaux, mais on se donna le plaisir d'une halte à Agen, ville catholique, qu'on trouva fleurie et ornée de portraits de saints placardés sur les maisons

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À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion