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16 Aug

17 août 1283: 1282-1285 : vers la croisade d'Aragon

Publié par Echos de la Bastide St Louis de Carcassonne  - Catégories :  #Carcassonne

La porte Narbonnaise, symbole de l'œuvre de Philippe le Hardi, à la Cité./(Claude Martinez)

En 1276, à la mort du puissant roi d'Aragon Jaume 1er le Conquérant, ses deux fils se partagent son héritage : à Pierre III l'Aragon, la Catalogne et Valence, à Jaume II les Baléares, le Roussillon et Montpellier. Les deux frères entrent bientôt en conflit et, le 17 août 1283, Jaume II s'engage à laisser le roi de France Philippe III le Hardi (1270-1285) passer par le Roussillon afin d'attaquer Pierre III. Or, cet accord est signé Carcassonne, ville qui intéresse fort Philippe car les Catalans estimaient avoir des droits sur la Cité, ainsi que sur le Razès et le Fenouillèdes. Le roi de France pense avoir là une occasion de mettre un terme à ces ambitions en ayant le droit pour lui. En effet, le pape Martin IV, après avoir excommunié Pierre III, avait promis la couronne d'Aragon au fils cadet de Philippe : l'expédition prenait dès lors l'allure d'une véritable croisade. On peut expliquer par cet épisode l'œuvre considérable dont bénéficia la Cité à cette époque, avec le remodelage de la muraille intérieure de la forteresse et la mise en place, pour l'essentiel, de l'enceinte extérieure, avec ses tours caractérisées par leur appareil à bossages.

Le 20 février 1284, le roi de France accepte la proposition du pape et, au début de 1285, commence à concentrer ses troupes à Toulouse, mais, dès 1282, la sénéchaussée de Carcassonne avait été mise sur pied de guerre, afin de préparer une «mobilisation» de l'ensemble des chevaliers et des nobles. Cette mise en condition motivait d'autant plus le représentant du roi, le sénéchal Jean de Burlats, qu'il était lui-même originaire de notre région.

Restait à conquérir les états catalans, ou à tout le moins le Roussillon, ce qui aurait permis d'éloigner de Carcassonne la frontière en l'établissant sur sa limite actuelle. Or, la guerre ainsi provoquée allait prendre un cours différent de celui envisagé par les Français, comme nous le verrons prochainement.

Vinas (A. et R.), « La croisade de 1285 en Roussillon et Catalogue », TDO, 2015.

Claude Marquié.

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À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion