Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
07 Apr

1305: Carcassonne - le complot contre Philippe le Bel

Publié par basilique saint nazaire

Recto du premier sceau connu de la ville (1303).

Recto du premier sceau connu de la ville (1303).

Carcassonne. 1305: le complot contre Philippe le Bel

les dimanches dans l'histoire

Dans la lutte qu'ils menaient depuis 1280 contre l'Inquisition, les Carcassonnais ne pouvaient l'emporter qu'avec l'appui du roi Philippe le Bel qui, au début du XIVe siècle, leur était favorable car le souverain s'inquiétait des abus de l'Office.

Les Languedociens croient dès lors être débarrassés de la tyrannie des dominicains et Bernard Délicieux va jusqu'à prêcher ouvertement l'insurrection, tandis que, en 1303, le consul Élie Patrice contrôle Carcassonne où l'église des dominicains est victime d'exactions : portail enfoncé, vitraux brisés… Le roi, constatant que la ville échappe à son autorité, décide de venir dans le Midi, mais lors de son séjour à Carcassonne, au début de 1304, il est excédé par les outrances d'Elie Patrice et de Bernard Délicieux, si bien qu'il affirme la souveraineté du pape sur l'Inquisition.

Cela déçoit énormément les Languedociens qui veulent tout simplement remplacer Philippe par Fernand, fils du roi de Majorque Jacques II, dont le royaume avait été fondé en 1262 au partage de l'héritage du roi d'Aragon Jacques Ier.

D'autres causes ont pu s'ajouter qui expliqueraient le comportement étonnant des Carcassonnais, mais le résultat est que, le 29 mars 1305, vingt-huit conjurés réunis à la maison commune par E. Patrice chargent B. Délicieux d'adresser à Fernand une lettre qu'il porte à la cour majorquine près de Perpignan. Or, Jacques II fait échec à cette proposition, car, en délicatesse avec le roi d'Aragon qui veut réunifier son royaume, il compte s'appuyer sur Philippe le Bel dont il est vassal pour Montpellier.

Dans ces conditions, l'opération projetée apparaît d'une naïveté politique incroyable, et le roi de France, mis au fait du complot qu'il assimile à une trahison, réagit énergiquement : quinze Carcassonnais, dont Élie Patrice, sont pendus le 28 septembre, tandis que le consulat est suspendu pour deux ans ; de plus, la ville paie 3 000 livres d'amende et les prisonniers réintègrent la prison inquisitoriale de la Mure. Seul, Bernard Délicieux échappe pour un temps à la justice, malgré les efforts des inquisiteurs.

Denisova (E.), La «rage carcassonnaise», 2011.

Claude Marquié.

Commenter cet article

À propos

Passionné de généalogie, d'Histoire de France, de royauté et de religion